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Patrick CORREGGIO, Berlin 2007
Patrick CORREGGIO, Berlin 2007

La chasse est ouverte 

 

http://lecercle.lesechos.fr/politique/viepolitique/221161258/chasse-est-ouverte via @CercleLesEchos

 

Le pire des ressentiments d’une population complexe revient comme un boomerang au visage d’une démocratie toujours très fragile, et plus encore en ces moments incertains tant du point de vue économique que culturel. Les propos injurieux d’un ministre de l’Intérieur visant à "nettoyer au Karcher" des populations pauvres et/ou immigrées puis, devenu Président de la République, répondant à un quidam par un "casse toi pauvre con" firent le lit de la droite de la droite bien plus surement que tout autre comportement irrespectueux des règles communes de notre pays.

 

Les propos d’un Premier Ministre cataloguant un artiste de "comportement minable" quand celui-ci fait ce que d’autres font depuis des lustres, à savoir planquer son argent dans des endroits moins taxés que la France ravive plus surement la tentation de délation de toute une partie de la population aux aguets de la moindre occasion de se "servir sur la bête".

 

Notre histoire, comme celle de bien d’autres peuples, est suffisamment éloquente en la matière pour ne pas alimenter par la plus abjecte des manières cette façon d’être proche des "dominants" du moment : calomniateur, dénonciateur, profiteur.

 

Il doit bien y avoir d’autres moyens de gouverner un pays, même un pays latin, que de toujours appuyer là où, une fois enclenché, un mouvement nauséabond et destructeur se met en route, écrasant toute dignité et toute intégrité sur son passage.

 

Paris, le 18 décembre 2012


Jeter de l’huile sur le feu
http://lecercle.lesechos.fr/politique/vie-politique/221154980/jeter-huile-feu
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LE CERCLE. C’est devenu en quelques jours l’expression la plus employée dans les médias depuis qu’une vidéo diffusée par des religieux contre d’autres religieux a été utilisée par des extrémistes religieux pour conforter leurs prophéties et tenter de justifier ainsi leur combat contre la société occidentale.

 

Puis, se fut une immense crainte qui parcourra la France suite à des caricatures de la part d’anarcho-communistes "bêtes et méchants", comme ils s’auto-désignent, et qui exprimaient la peur du fondamentalisme religieux et notamment ses possibles conséquences sur nos libertés.

 

Jeter de l’huile sur le feu indique qu’il y aurait déjà le feu. Ou au minimum des cendres qui couvent, ici ou là. Il ne faudrait donc pas enrayer bêtement un processus qui tendrait à apaiser des individus, des groupes sociaux, des peuples qui seraient engagés sur ce long chemin de la liberté de conscience, de la démocratie politique ou du respect des autres, par exemple l’égalité entre les hommes et les femmes ou l’acceptation de pratiques amoureuses et sexuelles différentes.

 

En creux, nous apprenons donc que tout cela serait acquis en France en 2012. Dont acte. Il est vrai que pour de spécieuses raisons, certains partis politiques très conservateurs s’érigent tout d’un coup en défenseurs de libertés chèrement acquises comme le droit de vote des femmes, le droit de divorcer et de travailler sans l’accord du mari, le droit d’être publiquement homosexuel ou même le droit de lire des ouvrages remettant en cause les religions, les élus du peuple et le droit de produire des dessins moquant des idées et des pratiques d’un pouvoir présenté comme incontestable.

 

Mais l’actualité, c’est aussi une étude qui se demande si les "bobos – écolos" et les "enseignants et autres agents de la fonction publique" des grandes villes ne mettraient pas gravement en danger notre démocratie et sa pluralité en copiant ce que font depuis toujours les élites dans l’octroi de logement social ou pour trouver des lieux sécurisants et mieux apprenants à leurs enfants autres que dans les écoles, les collèges ou les lycées de proximité, en activant sans la moindre mauvaise conscience leurs réseaux.

 

C’est également ces enquêtes journalistes "en terres frontistes" qui révèlent que le vote extrémiste le serait peut-être moins par sentiment anti-arabes que par une réaction contre ces Français qui, selon eux, vivraient bien et tranquillement de cette société hautement culturelle tout en bénéficiant de tous ses avantages, comme les rentiers auparavant.

 

Il y aurait assurément mille autres exemples à donner, mais ceux-là semblent symptomatiques d’une époque où l’aveuglement est tel qu’il nous empêche de mesurer combien nos comportements quotidiens contribuent à jeter de l’huile sur le feu.

Paris, le 25 septembre 2012

 

 

 

 

Réappropriation industrielle : le gouvernement doit opérer une
reconversion idéologique


http://lecercle.lesechos.fr/politique/vie-politique/221155182/reappropriation-industrielle-gouvernement-doit-operer-reconversion
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LE CERCLE. Les sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (SAFER) permettent notamment à tout porteur de projet agricole ou artisanal de s'installer en milieu rural. Les projets doivent être en cohérence avec les politiques locales et répondre à l'intérêt général.

 

Si le gouvernement veut réindustrialiser le territoire national et réinsuffler des métiers artisanaux au cœur des villes, il doit s’inspirer de ce qui s’est fait en milieu rural et qui a permis, malgré tout, de maintenir des terres pour l’agriculture. Depuis trois décennies, l’idée dominante fut la transformation des villes et de leurs périphéries en territoires exclusivement dédiés au tertiaire et au culturel. Dans les grandes villes comme Paris, chaque atelier ou chaque usine qui périclite est remplacé par un atelier "culturel", par des bureaux administratifs ou des "bureaux d’études" de toutes sortes. Et cela avec de l’argent public, le plus souvent.

 

Les périphéries se sont transformées alors en cités-dortoirs pour y accueillir les employés du tertiaire urbain et de leurs agents de service, repoussant plus loin encore, quand cela fut réalisable, les entreprises qui polluaient l’environnement proche des villes et de ses habitants. La plupart de ces petites et moyennes entreprises ne purent se reconstruire, tant il faut peu de temps pour démolir, mais au moins une génération volontaire et déterminée pour construire. Et cette politique fut accomplie avec l’immense conviction que cette évolution était inéluctable et pour le bien de tous. De la même façon, des millions de mètres carrés du bureau remplacent les logements, partout où cela est possible.

 

Pour permettre à la France de redevenir une puissance industrielle, le gouvernement doit opérer une reconversion idéologique. Comme avec les SAFER en milieu rural, il doit se doter des sociétés ad hoc qui empêcheront les artisans et les entreprises de disparaître plus encore et inverser les dotations financières en priorisant à chaque fois que cela est possible l’emploi de production au détriment de l’emploi tertiaire.

 

Autant dire que tout cela n’ira pas sans heurter ce qui constitue l’essence même de la base idéologique de ces trente dernières années portée comme le salut de l’humanité par les socialistes et par les écologistes, mais également par une grande partie de la droite française. Une reconversion est toujours un moment pénible et insécurisant, mais au combien dynamique.

 

Paris, le 30/09/2012

 

 

 

Dis-moi où tu as mal, je te dirais pour qui tu votes


http://lecercle.lesechos.fr/elections-2012/legislatives/221147417/dis-moi-as-mal-dirais-votes
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Dis-moi où tu as mal, je te dirais pour qui tu votes

 

Le 1er juin de cette année, Thomas Enders sera le nouveau manager d’EADS, groupe européen d’aéronautique et de défense qui comprend notamment Airbus, Eurocopter et d’autres filiales ; employant environ 123 000 salariés, principalement en France et en Allemagne.

 

A 54 ans, ce manager allemand, qui succède au français Louis Gallois, aura 60 ans quand il quittera son poste. Pour expliquer son passage au SPD – gauche - durant sa jeunesse à son adhésion à la CDU – droite – quelques années plus tard, il aurait alors déclaré : « Si on n’est pas de gauche à 20 ans, on n’a pas de cœur, et de droite à 40 ans, on a pas de cerveau ».

 

Si l’on en perçoit bien le chemin habituel de tout jeune allemand – et certainement de tout jeune français – puis de tout quadra normalement constitué, nous votons là où cela nous titille principalement, en fonction de l’âge que nous avons.

 

Une observation sauvage des quinquas et des sexagénaires semble indiquer, notamment chez les hommes politiques et chez les « grands patrons », un fort souci de leur virilité et l’insoutenable besoin de s’en assurer en permanence.

Nous pouvons donc imaginer que monsieur Enders sera de plus en plus sensible aux jolies fleurs qui poussent au bord de la Garonne (siège d’EADS) et qu’il aura particulièrement à cœur de leur monter combien il est encore gaillard. Cela devrait le conduire vers un vote écologiste à ses 60 ans.

 

Les jambes le fuyant et la maladie d’Alzheimer le guettant à l’approche de ses 80 printemps, il est fort à craindre qu’alors très démuni vis à vis du monde extérieur et apeuré par sa propre finitude, il ne se réconforte dans un vote pour un parti extrémiste lui garantissant sécurité et maintien des valeurs traditionnelles, allemandes ou françaises, il lui faudra alors choisir.

 

Mais n’anticipons pas trop, car la science évolue et d’ici là, le problème des hommes et des femmes de 60 ans et de 80 ans sera peut-être situé ailleurs, dans un corps politique et sentimental génétiquement modifié. Attendons de voir et d’entendre monsieur Enders, si nous le pouvons, pour connaître nos futures intentions de vote.

 

Paris, le 30 mai 2012

 Normalement, le mandat de F. Hollande sera tout sauf normal
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Normalement, le mandat de F. Hollande sera tout sauf normal


S’il est un point commun entre l’annonce politique phare d’une campagne électorale et son bilan après cinq, douze ou quatorze années au pouvoir, c’est bien sa totale déconvenue.


Des « 110 propositions » du candidat F. Mitterrand au « travailler plus pour gagner plus » du candidat N. Sarkozy en passant par le combat contre « la fracture sociale » du candidat J. Chirac, qu’en resta t-il à l’issue de leur mandat ? Reniements, explications confuses et même un résultat opposé aux attentes des électeurs.


Nous avons tous retenu que notre nouveau président de la République, F. Hollande, a pris comme principal engagement « d’être normal ». La normalité étant une forme subjective de la conformité, de la moyenne, du conservatisme social, économique et culturel. Est normal ce qui est conforme « aux bonnes mœurs », aux habitudes, à l’apparence d’être « comme tout le monde », de penser et d’agir comme « un bon père de famille ».


Fort de notre expérience de citoyen français, nous pouvons donc déjà affirmer que F. Hollande réussira certainement quelques bonnes choses durant son mandat, qu’il en ratera au moins autant mais surtout, qu’il échouera à être « normal ». Sauf à être un président de la République anormal.


Mais où il sera normal, c’est à dire qu’il fera comme tous ses prédécesseurs et comme tous les élus de notre pays, nous pouvons déjà le prévoir, c’est de se comporter comme tout homme – ou femme - politique : d’ici quelques mois, après les législatives et la mise en place de sa politique, il n’aura plus qu’une seule et unique idée en tête, être réélu pour un second mandat. Et dès lors, toutes ses décisions seront réfléchies en ce sens.


Pour le reste, en quoi sera t-il anormal ? Il nous faudrait dresser une liste de la normalité en matière économique, culturelle, sociale, familiale et tant d’autres pour y revenir dans cinq ou dix ans avant de nous lancer dans cette prospective.

Sauf à considérer une bonne fois pour toute qu’il est normal de se comporter en monarque républicain, de ne s’entourer que d’un clan, de ne penser qu’à la place que l’on va laisser dans l’histoire de son pays, de se croire au-dessus des lois, …

Bref, d’agir comme tous ses prédécesseurs. Ce qui n’est plus normal.

 

Paris, le 30 mai 2012

 

 Pour sauver notre modèle social, prenons l’initiative de transformer
le statut de fonctionnaire
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Pour sauver notre modèle social, prenons l’initiative de transformer le statut de fonctionnaire.

 


Il va bien falloir choisir entre intérêt individuel et intérêt collectif. Peut-on garder, et améliorer notre modèle social, sans modifier quoi que ce soit, dans un contexte national et européen de dettes publiques, de chômage massif et de pouvoir d’achat en baisse ? Au risque sinon, de mettre gravement en danger les populations les plus démunies comme les couches moyennes.


Par modèle social, nous entendons communément ce mélange d’État dit Providence et d’économie de marché, c’est à dire d’une somme de droits – la santé, la sécurité sociale, la retraite, mais également l’assurance chômage, l’éducation, l’assistance aux personnes en situation de handicap et autre – en lien avec un mode de financement de ces droits via des cotisations pour l’essentiel prises sur les salaires, par un système global de mutualisation / redistribution. Les impôts, directs et indirects, complètent cet exercice comptable de plus en plus coûteux.


Si la rationalisation et l’évaluation permanentes de ce mode d’organisation solidaire doivent être entrepris avec la plus grande rigueur intellectuelle et méthodologique, il n’en demeure pas moins vrai que nous devons également reconsidérer qui et comment gérer ce modèle social. En considérant que seuls les salariés répondant à des critères de qualification et d’engagement professionnel peuvent être affectés à ces fonctions au cœur même de notre organisation sociale.


Les enseignants, par exemple, sont-ils encore – et peuvent-ils encore l’être – ces « hussards de la république », hommes et femmes engagés dans une quête politique qui était souvent accompagnée d’engagements syndicaux et / ou bénévoles dans les mairies, dans les associations, dans les mutuelles naissantes ou auprès de la jeunesse. Ce temps est révolu. Peu importe les raisons et s’il reviendra un jour. Il faut désormais choisir entre sauver cette organisation ou tout perdre, en dépit de l’individualisme, du vieillissement de la population et de la mondialisation.


Sauf à faire le choix d’un mode politique économique et social purement « collectiviste », il n’est plus nécessaire de « protéger » les salariés qui œuvrent dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la sécurité, des transports collectifs, de la production d’énergie, de la télévision, par un statut spécifique qui assure, notamment, à ces personnes l’emploi à vie et bien souvent un surnombre injustifiable d’employés. Il est possible qu’il y ait quelques situations particulières, mais dans l’ensemble, notre démocratie doit pouvoir être conduite par des hommes et des femmes « comme les autres ».


En d’autres termes, le statut de fonctionnaire n’est pas plus justifié pour éduquer, soigner, protéger, transporter, … Un autre type de contrat de travail, celui communément admis par l’ensemble des salariés du pays, est tout à fait adapté. Ce qui est le plus important, ce sont les conditions d’exécution des tâches et des missions, le niveau de salaire, la qualité de l’emploi, la possibilité d’évolution, de formation, de promotion, l’ambiance au travail, … Toutes les études le démontrent.


Comment travailler avec enthousiasme avec des collègues qui n’auraient pas à rendre des comptes, ni aux autres salariés ni à leur hiérarchie, ni même à l’ensemble de la nation ? Comment accepter qu’une partie de ces hommes et de ces femmes puissent être là uniquement pour avoir un salaire et non pour remplir une tâche ?

Dans ce cas, si des personnes n’ont pas les aptitudes nécessaires ou sont employées pour résorber le chômage, uniquement, il faut alors créer les conditions d’un encadrement adapté aux personnes en difficulté comme cela se fait pour l’insertion sociale et professionnelle, par exemple. Les reconnaître comme telles dans des organisations adaptées, pour elles, mais aussi pour l’ensemble du salariat. Et se donner les moyens humains de bien les accompagner. Ce type d’accompagnement est un métier à part entière.


Toutes les sociétés qui se sont essayées au plein emploi par idéologie se sont liquéfiées. Pourquoi ? Parce que le travail est autre chose qu’un simple mode de survie. C’est également une forme d’existence qui mérite considération, qualification et gratification. Celles et ceux qui ont réfléchi à un revenu d’existence, par exemple, en sont venus à différer cette idée car elle aurait eu avant tout pour effet de déstabiliser complètement l’équilibre de nos sociétés modernes. Les éventuels bénéfices se seraient réalisés au prix d’une forte déstructuration du modèle social qui est le nôtre.


Et puisque nous sommes économiquement à un moment où une rupture est à craindre, il nous faut faire cette proposition : pour redonner corps et consistance à notre modèle social mais également à ses exécutants, le remplacement du statut de fonctionnaire par un contrat de travail à durée indéterminée s’impose à nos sociétés actuelles.

Il est évident que cela doit être discuté, argumenté, programmé, sécurisé tant pour les fonctionnaires actuels que pour l’ensemble des utilisateurs des services concernés. Le débat doit être mis à l’ordre du jour. À défaut, nous pourrions tout perdre : les services de l’État Providence, une part importante de ses emplois dédiés et notre modèle redistributif.

 

Patrick CORREGGIO, Paris le 05 mai 2012



 

La troisième place à une présidentielle est rarement un tremplin
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La troisième place à une présidentielle est rarement un tremplin 


Si la troisième place lors du premier tour de la présidentielle de 2012 n’en finit pas d’interpeller l’opinion nationale et internationale, il est peut-être nécessaire de rappeler ici qu’à une exception près, J. Chirac, cette troisième place fut souvent un sommet plus qu’un tremplin politique. Et même souvent la fin d’une carrière politique.

Depuis le présidentielle de 1969, laissons de côté celle de 1958 qui fut un plébiscite pour le général de Gaulle, tous les « troisième homme » au premier tour de la présidentielle virent leur carrière politique stoppée, à l’exception de J. Chirac qui fut troisième en 1981, juste devant G. Marchais.


En 1965, ce fut le centriste J. Lecanuet et en 1969, le communiste J. Duclos. En 1974, un chantre de « la nouvelle société », J. Chaban-Delmas comme en 1988, le « meilleur économiste » R. Barre. Puis en 1995, l’ami de trente ans du futur Président J. Chirac, ce « pauvre » E. Balladur et en 2002, le socialiste L. Jospin dont l’orgueil et la déroute le mirent « hors champ de la vie politique» dès le soir même du résultat connu.

Les deux derniers « troisième » en 2007 et donc en 2012 furent, pour mémoire, F. Bayrou, qui vient de diviser par deux son score en seulement cinq années, et donc M. le Pen il y a dix jours.


M. le Pen peut-elle vaincre là où seul J. Chirac réussit ? Le seul à ce jour à avoir rebondi et même à l’avoir remporté ensuite parmi les neuf « troisième homme » à une présidentielle, depuis l’élection de 1965.

Il semble bien que pour tous les autres candidats - J. Lecanuet, J. Chaban-Delmas, R. barre et F. Bayrou - leur lutte contre la droite gaulliste mis un terme à leur volonté de rénovation de la politique française. Le centrisme ne connut qu’une seule réussite, non renouvelée, celle de V. Giscard d’Estaing. La candidature d’E. Balladur en 1995 y ressemble par beaucoup, même si lui aussi venait du « camp «  Chirac.

 

Pour le communiste J. Duclos, sa défaite permit certainement une candidature socialiste – puis une victoire – grâce à un « programme commun » jusque-là inenvisageable pour ses électeurs.

Quant à la défaite de L. Jospin, et surtout ses conséquences, elle permettra peut-être l’élection d’un second Président socialiste dimanche prochain, tant la présence lepéniste au second tour de l’élection de 2002 taraude encore le « peuple de gauche » dix ans plus tard.


Alors, quid de M. Le Pen ? Il est bien trop tôt pour le savoir, même si le discours de N. Sarkozy et l’écho qu’il rencontre peut augurer, malgré tout en cas de défaite dimanche soir, d’une droite qui va se recomposer et qui sera décomplexée vis à vis des thèmes frontistes, laissant la porte ouverte à d’autres candidats d’une droite plus nationaliste, que gaulliste et libérale. M. Le Pen pourrait bien avoir plus de concurrence que n’en eut son père et ainsi voir sa chance d’accéder à une meilleure place que la troisième s’estomper à la prochaine présidentielle, si elle est candidate. Et pourquoi pas disparaître, elle aussi, comme huit autres candidats avant elle.

 

Patrick CORREGGIO, Paris le 30 avril 2012

 

 

 

 

 L’entrée du FN à l’Assemblée Nationale est acquise
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L’entrée du F. N. à l’Assemblée Nationale est acquise


Nous avions déjà craint, dans ces mêmes colonnes il y a plus de quatre mois, que cette campagne présidentielle marquerait la fin du « pacte républicain » en France.

Depuis près d’une trentaine d’années, ce « pacte républicain » régit, bon gré mal gré le second tour de chaque élection locale, et même nationale. Face à un candidat F.N., les candidats battus appellent à voter pour le candidat de gauche ou de droite restant en lisse, face à un candidat F.N. présenté comme antidémocratique.


L’entrée du Front National lepéniste à l’Assemblée Nationale est acquise car non seulement ce pacte républicain s’effondre sous les coups de boutoir de la Droite Populaire et d’une majorité des sympathisants de l’UMP, mais elle est également acquise par F. Hollande qui reprend à son compte la demande des « petits partis » d’introduire une dose de proportionnelle parmi nos députés.


F. Hollande a même indiqué qu’il pensait qu’environ 15 % de proportionnelle serait correct. Si nous comptons bien, en imaginant que M. le Pen réalise le même score qu’elle vient de réussir à cette présidentielle, cela lui apporterait automatiquement environ 15 députés dans la prochaine Assemblée Nationale.


Le débat qui a lieu actuellement sur la posture du PS et de l’UMP lors des prochaines législatives est donc bien peu d’actualité. Une fois de plus, il serait préférable pour les quelques 40 millions de français qui s’apprêtent à voter de comprendre, à partir de données factuelles, comment l’un ou l’autre compte réduire le chômage et augmenter le pouvoir d’achat, permettre l’accès au logement pour tous, mais également à la santé et à l’éducation en cette période de grave crise financière.


L’entrée du Front National à l’Assemblée Nationale rappellera à ses sympathisants que ce parti n’est rien d’autre qu’une entreprise familiale « Le Pen » comme la Ligue du Nord en Italie fût l’entreprise de la famille Bossi.


Il n’est qu’à voir le parachutage de la petite-fille le Pen à Carpentras, ville du Vaucluse où M. le Pen vient de franchir la barre des 30 % de votes, pour bien comprendre que les quinze députés de ce mouvement auraient certainement un point commun : leur filiation. Et rien d’autre. Ce qui pourrait se révéler in fine comme la meilleure opposition au discours politique lepéniste.

 

Paris, le 27 avril 2012

 

 

 

Bayrou doit être la conscience de notre nation
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F. Bayrou doit être la conscience de notre nation


Perdu pour la présidentielle de 2012, François BAYROU doit fermement prendre position pour la démocratie en France et en Europe. La radicalisation de cette présidentielle, dans un moment de crise financière extrême, dont nous ne savons pas à ce jour comment notre économie s’en sortira, oblige le candidat centriste à être le garant de la liberté, de l’égalité et de la fraternité en France.


N. Sarkozy est prêt à tout pour sauver l’UMP et sa fonction présidentielle. Avec les 2/3 de son électorat, il est prêt à collaborer avec l’extrême droite, comme le fît en son temps le héros de la guerre de 1914/18, le général Pétain. Nous savons combien vendre son âme est une victoire à la Pyrrhus, et plus encore, un drame humain.

F. Hollande serait prêt à pactiser avec l’extrême gauche pour gagner les prochaines législatives et s’assurer une majorité à l’Assemblée nationale. Faut-il rappeler que cette extrême gauche, par rejet du capitalisme et par soutien - certes légitime - au peuple palestinien est capable d’en devenir antisémite, dogmatiquement antiaméricaine et antieuropéenne.


Pour « la bonne cause », le PS et l’UMP sont prêts à franchir le Rubicon, avec toutes les conséquences morales et éthiques qui vont avec. Et notamment celle de désigner à la vindicte populaire des « boucs émissaires ». Les musulmans, l’Europe et les organisations syndicales d’un côté, la libre entreprise, le fédéralisme et la mondialisation de l’autre côté.


François Bayrou doit être celui qui ne tremblera pas devant ce flot de haine potentielle. Il doit réagir dès maintenant et appeler à sortir N. Sarkozy au deuxième tour de cette présidentielle et en même temps il doit appeler à voter contre les candidats de gauche qui veulent s’allier avec l’extrême gauche aux prochaines législatives.


La France du oui à l’Europe et aux comptes publics équilibrés existe encore. Elle doit être représentée, même et surtout en période de crise. Il doit le dire dès maintenant, sans ambigüités. Tous les français qui priorisent avant tout la liberté, l’égalité et la fraternité comptent sur lui. Maintenant. Pas après tel ou tel calcul politicien.


Le général de Gaulle et Churchill n’étaient pas très populaires quand ils se bâtirent contre la barbarie, en ayant pour seul et unique programme « du  sang et des larmes ». Jean Moulin et d’autres y laissèrent même leur vie. Il faut être fort, dans la tempête. Et elle gronde. François Bayrou doit s’engager avant qu’il ne soit trop tard.

 

Paris, le 25 avril 2012

 

 

Que penser après ce premier tour de la présidentielle ?
http://lecercle.lesechos.fr/presidentielle-2012/221146030/penser-apres-premier-tour-presidentielle
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Que penser après ce premier tour de la présidentielle ?

 
Finalement, les données des instituts de sondages n’étaient pas si éloignées que cela durésultat final. Depuis déjà plusieurs semaines, ces instituts nous annonçaient l’ordre d’arrivéedu premier tour de cette élection présidentielle. Les mouvements ressentis dans la dernièreligne droite : léger décrochage de N. Sarkozy et de J.L. Mélenchon au profit de M. le Pen sesont même confirmés.
Même si cela augure d’un futur bien sombre, il nous faut bien nous rendre à l’évidence : sansune campagne très à droite de N. Sarkozy, il est fort probable que l’ordre d’arrivée entre luiet M. le Pen aurait été inversé.
Cela doit nous inciter à réfléchir. M. le Pen, et surtout son électorat, et plus largement ladroite dite populaire, est-ce l’extrême droite telle qu’elle fût au pouvoir à Berlin, à Rome, àMadrid et même à Vichy il y a 80 ans ?
Pour les amateurs de romans policiers, il y a un auteur, Philip Kerr, qui a choisi pour décor leBerlin les années 1929 – 1932 pour nous faire revivre, dans la peau un policier, l’état d’espritqui dominait alors. Bien sûr, c’est une fiction, mais les éléments sont puisés à partir de faitsréels.
Et que met-il en avant ? Un nigaud, pour une grande partie de la population allemande, quipropose de sortir du chômage de masse, de la corruption des élites, de la débauche morale,… Par des procédés inimaginable alors. Et devant l’échec du SPD – centre - alors à la têtede l’État, la population fini par se dire : « on a essayé tous les autres, ça ne marche pas,pourquoi ne pas lui donner une chance, à lui ».
Que penser du contenu de cette campagne électorale qui vient de mettre aux prisesdes partisans du produire français, de la sortie de l’euro, de la fermeture des frontièresmais également d’un nouveau front populaire ? Un remake ou une nouvelle aventuredémocratique ?
Comme tout l’indique depuis de nombreux mois, N. Sarkozy inspire avant tout le rejet pourune majorité de français. Et sa chute favoriserait les desseins de l’extrême droite, maiségalement du centre droit. Nous savons tous qu’en politique, les adversaires les plus férocessont ceux qui naviguent à proximité les uns des autres.
L’expérience nous rappelle également que le parti socialiste ne partage pas le pouvoir, saufcontraint. En fonction du résultat des prochaines législatives, il aura besoin peut-être del’extrême gauche pour gouverner, ou pourra agir seul. Mais l’élargissement de sa politiquen’ira pas au-delà. Nous pouvons donc anticiper un choix politique, économique et cultureltrès orienté vers la fonction publique et l’aide sociale aux plus démunis, ce qui cristalliseraencore plus « le petit peuple ».
Si, comme tous les indicateurs économiques le prédisent, nous allons comme nos voisinsimmédiats vers une période de ralentissement, et donc de difficultés financières, suiviesd’une forte montée du chômage, les mois à venir apporteront de l’eau au moulin de la droitepopuliste mais également de la gauche communiste.
Et, le monopole politique alors exercé par le parti socialiste nous conduisantimmanquablement vers une forme de corruption et de distance avec la population, tousles ingrédients seraient alors réunis pour un retour en force des combats violents entreles extrêmes. Y aura t-il un vainqueur ? Peut-on y échapper ? Autant de questions qu’aurasoulevée, une fois encore, cette campagne présidentielle.

 

Patick CORREGGIO

Mélenchon siphonne les intentions de vote de Marine Le Pen http://lecercle.lesechos.fr/presidentielle-2012/221144880/quand-jean-luc-melenchon-siphonne-intentions-vote-marine-pen via @CercleLesEchos 

 

Quand J.L. Mélenchon siphonne les intentions de vote de M. le Pen


A quatre semaines du premier tour de l’élection présidentielle, les candidats en terminent avec ce long faux plat qui les conduira fin mars au pied du sprint final, et pour deux d’entre eux, vers une qualification pour un second tour.

Le fait marquant de ces dernières semaines est le siphonage par J.L. Mélenchon des intentions de vote de M. le Pen au premier tour. Beaucoup s’en réjouissent, pensant par là même y voir un retour en grâce du politique contre l’anarchie et le sabordage de la démocratie. Il reste bien des sujets politiques tabous, à n’en pas douter.

Cette situation est assez surprenante et elle n’était pas prévue, tant le communisme était exsangue depuis G. Marchais, électoralement. Elle devrait profiter avant tout à F. Hollande et à N. Sarkozy, quant à leurs espoirs de qualification pour le second tour. Si, comme les sondages actuels l’indiquent, J.L. Mélenchon et M. Le Pen peuvent obtenir autour de 15 % des votes au premier tour, F. Hollande et à N. Sarkozy seront alors assurés d’être devant.

Contre toute attente, la forte montée de J.L. Mélenchon aurait d’abord pour effet de qualifier N. Sarkozy. La grande perdante en serait M. le Pen, qui verrait ainsi toutes ses chances de perturber cette présidentielle s’évanouir. N. Sarkozy aurait produit un discours inutilement nauséabond pour tenter de se qualifier. Surtout qu’il renvoie désormais publiquement la faute de ses erreurs sur son ex-femme. Quelle dignité !

Deux candidats qui se battent pour la gagne et deux qui se prennent et se reprennent régulièrement une bonne partie de l’électorat populaire, voilà une situation qui mériterait d’être analysée. Pour F. Bayrou, il est fort probable que cette situation réduise encore plus son audience, allant peut-être jusqu’à le rendre totalement inaudible pour ces dernières semaines.

Depuis l’émergence du Front National lepéniste dans les années 80, celui-ci avait réussi à amener vers lui les ex communistes, quoi qu’en disent ce parti et ses alliés. Un retour au bercail est-il en train de se produire ? Si le front de gauche continue ainsi, il est fort probable qu’il réussisse à devenir ce qu’est en Allemagne « Die Linke », un parti de la gauche radicale.

Parti qui a été fondé en été 2007 et qui comprend des courants qui proclament (en paroles) la révolution et le communisme. Un parti contestataire qui n’a pas hésité à présenter la « Sarkoziste » Beate Klarsfeld à la Présidence de la République le 18 Mars dernier. C’est dire si son programme politique va « surmonter le capitalisme », comme il le prétend.

Cet aller et retour entre l’extrême gauche et l’extrême droite française a la particularité de voir peu de ses sympathisants s’arrêter entre les deux. L’UMP et le PS ont peu à attendre de ces électeurs virevoltants. Pour un nombre non négligeable d’entre eux, ils s’abstiendront même au second tour. Les plus radicaux veulent « faire péter le système », comme ils disent, et peu importe que cela passe par la droite ou par la gauche.

Mais la particularité de cette présidentielle reste rejet qu’inspire N. Sarkozy, même s’il remonte dans les sondages. Cela devrait permettre à F. Hollande de récupérer des voix issues de l’extrême gauche au second tour, peut-être pour la dernière fois. Car le parti socialiste pourrait bien connaître à son tour les affres des triangulaires ou des quadrangulaires aux prochaines élections locales. D’autant plus que les écologistes se radicalisent eux aussi de plus en plus. 

 

Paris, Patrick CORREGGIO

Vers des démocraties liberticides ?
http://lecercle.lesechos.fr/presidentielle-2012/221144234/vers-democraties-liberticides
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Vers des démocraties liberticides ?

 

Cette présidentielle française 2012 expose des programmes qui fleurent bon une privation de liberté pour tout ou partie de la population. En cela, ses desseins rejoignent pour beaucoup ce qui s’affirme un peu partout en Europe du sud ces derniers temps. La définition d’une démocratie est l’exercice du pouvoir par le peuple. Les peuples aspirent-ils à se priver volontairement, ou inconsciemment, d’une liberté si chèrement acquise ? La démocratie est-elle un mode de gouvernance à ce point difficile ? Quelles que soient les raisons que nous pourrions invoquer : rejet de représentants inconséquents, peur de l’avenir, incapacité à assumer la réalité, … Nous savons tous qu’il faut des décennies pour construire et gagner la paix et la liberté, et seulement quelques instants pour tout perdre. La campagne présidentielle française souligne que les deux candidats qui réunissent le plus grand nombre de supporters, bruyants et passionnés, sont M. le Pen et J.L. Mélenchon. Et que pour gagner leur place au second tour, les deux favoris, F. Hollande et N Sarkozy, reprennent leurs idées, sans le moindre remord. A force de piocher chez ces deux populistes, le mandat de celui qui l’emportera finira bien par mettre en œuvre nombre des idées réactionnaires de ces candidats. Front National lepéniste ou front national de gauche, la différence n’apparaît qu’à ceux qui ne veulent pas assumer leur rejet de la complexité d’une organisation démocratique. En 2005 déjà, ces deux candidats avançaient comme explication principale à un non européen le chiffon du « plombier polonais », sensé prendre la place des travailleurs français.

 

Chacun de leur programme n’est qu’une longue liste d’interdits posés directement ou en creux, pour mieux protéger. Mais protéger qui, de quoi ? De vivre ? Peut-on raisonnablement penser que notre prochain président aura la légitimité suffisante pour imposer au pays des contraintes ? Les idées avancées aujourd’hui seront bien peu efficaces face à la dette, au déficit extérieur, au chômage, … Bien sûr, pour motiver les troupes, surtout quand on a peu de marge de manœuvre et que l’on a pas énoncé au préalable toutes les mesures d’austérité que l’on envisage, il est plus aisé de stigmatiser, de se trouver un ennemi, de déclarer une guerre, comme le font en permanence les régimes autoritaires. Mais avec quelles conséquences ?

 

Quand on emprunte cette voie, il faut toujours aller plus loin. Un peu comme avec une chaîne de Ponzi. Il faut en permanence trouver d’autres victimes, sinon vous sombrez. Quand vous avez commencé, vous ne pouvez plus vous arrêter qu’un moment de la chute, violente et destructrice pour tous. De tout cela ne pourra sortir qu’un régime liberticide. Elu par le peuple. Et peut-être même avec beaucoup d’enthousiasmes. Comme peut-être partout en Europe du sud, très prochainement. S’ils étaient encore là, J.P. Sartre justifierait certainement cet horizon en nous expliquant que tout cela, c’est pour la bonne cause, alors qu’il écrivait pourtant que « l’angoisse est le vertige de la liberté » et A. Camus serait vilipendé pour sa lâcheté de « petit bourgeois », mais nous rappellerait que pour lui, « la liberté n'offre qu'une chance d'être meilleur, la servitude n'est que la certitude de devenir pire ».

 

Patrick CORREGGIO

http://lecercle.lesechos.fr/node/44111/

Intentions de vote : si N. Sarkozy décrochait, F. Hollande suivrait


La campagne électorale actuelle pour la présidentielle ne mobilise pas les foules et les passions, c’est le moins que l’on puisse dire. Le meilleur argument électoral de F. Hollande reste le rejet du président sortant et candidat à un nouveau mandat, N. Sarkozy. Avec 60 % d’opinions négatives à sept semaines du premier tour, c’est imparable.

Sans cette situation désormais habituelle pour l’ensemble des pays européens en crise financière et depuis si longtemps pour le parti socialiste français, le programme du candidat de la gauche apparaitrait comme bien fade.


Depuis la réélection de F. Mitterrand en 1988, les candidats socialistes doivent leurs élections au rejet des autres plus qu’à eux-mêmes et à leurs idées. La présence de candidats d’extrême droite leur permit de gagner de nombreux Départements français, grâce à de multiples triangulaires. Et il en fut de même pour obtenir une courte majorité dans la plupart des Régions françaises.


Puis, en étant dans l’opposition, ils gagnèrent de nombreuses grandes villes. Enfin, la réforme territoriale mal perçue par les élus locaux et voulue par la majorité actuelle leur donna récemment un gain suffisant pour s’emparer, à une courte majorité, du Sénat. Et voilà que le rejet du président sortant pourrait leur servir sur un plateau la Présidence de la République Française.


Le parti socialiste, qui réunit par adhésion entre un quart et un tiers des votes en France, pourrait en juin 2012, après les législatives, se retrouver à la tête de tous les pouvoirs électifs. Cela devrait par ailleurs questionner le fonctionnement de la représentativité démocratique de notre République vieillissante.


Il apparaît donc essentiel pour le candidat F. Hollande de maintenir en vie la candidature du président sortant, N. Sarkozy, et de laisser croire que celui-ci est toujours en position d’être réélu. La tâche n’est pas simple, tant N. Sarkozy apparaît comme le pire des candidats que la droite française puisse présenter en 2012. F. Fillon, A. Juppé et peut-être d’autres feraient de bien meilleurs candidats.


Plus personne ne supporte les C. Guéant, les N. Morano et autres F. Lefebvre. Jusqu’à la désignation de N. Kosciusko-Morizet comme porte-parole de la campagne du candidat président, tout paraît inadéquat. Comment cette jeune femme brillante peut-elle se mettre en danger avec autant d’aveuglement ? Une N. Kosciusko-Morizet qui semble d’une étonnante fragilité physique. Et l’on peut même se demander si elle se remettra politiquement de l’obligation qui lui est faite d’aller courir les caniveaux pour porter un discours réactionnaire à la droite de la droite.


Si N. Sarkozy devait décrocher dans les intentions de vote et passer sous la barrière fatidique des 20 %, il est fort à parier que les intentions de vote en faveur de F. Hollande suivraient puisque dès lors la peur de revoir N. Sarkozy s’évaporerait. Toutes les hypothèses seraient ensuite permises. Nous voyons bien que M. le Pen et F. Bayrou ne sont pas encore éliminés. Mais également pour N. Dupont Aignan ou D. de Villepin à droite ou pour J.L. Mélenchon à gauche, ces candidatures seraient alors à portée d’un bon coup.


La présence potentielle de N. Sarkozy au second tour de cette élection présidentielle est vraiment essentielle pour la candidature de F. Hollande. Que le parti socialiste ne l’oublie pas s’il veut l’emporter. 

 

Patrick CORREGGIO


 

Démagogue, politicien


C’est ainsi que l’on trouve un renvoi dans le dictionnaire des synonymes « les usuels du Robert », édition de 1989 : Démagogue politicien. Normal, puisque la définition première de ce nom vient du grec dêmagôgos signifiant « qui conduit le peuple ».

Ce mot est devenu en français la définition d’une attitude qui consisterait à flatter les aspirations ou les préjugés d’une population pour en obtenir ou garder le pouvoir.

Evitons de ricaner et ressaisissons nous. Le grec, et notamment le grec ancien, a tellement apporté à notre civilisation que nous serions bien inspirés d’y réfléchir à deux fois avant de moquer cette langue et ses habitants, comme le firent peut-être il y a quelques millénaires nos ancêtres Celtes et ce jusqu’à la Gaule romaine.

La crise actuelle que connaît ce pays n’est pas un épiphénomène. Et la façon dont elle se développe, avec et contre l’Europe, les banques et d’autres, pourrait bien finir par caractériser notre langue et notre pensée futures.

Que l’on y observe de plus près la situation. Voilà un peuple, fier et sanguin, qui nous fît l’honneur d’appartenir à l’Europe politique et économique pour porter haut et fort notre culture spécifique. Pour cela, avec l’aide de tous, ses dirigeants « bidouillèrent » les comptes publics afin de satisfaire aux règles édictées. Preuve qu’avec un peu d’intelligence, tout le monde peut se conformer aux valeurs en vogue, à un moment donné.

Et puis, pris dans une spéculation et des transactions financières mondiales ingérables, ce pays est alors au bord de la faillite. Branle-bas de combat un peu partout car la peur de la contagion guette l’Europe. Pourquoi ? Allez savoir. Peut-être que tant d’autres ont fait de même. Ou que le système est particulièrement fragile.

Les mêmes pays qui édictèrent ces règles aléatoires et les banques qui s’enrichirent grâce à la spéculation s’affolent, critiquent, accusent puis s’obligent à sauver ce pays. Et après deux années très mouvementées, un modèle semble trouvé.

Mais quel modèle ? Les banques annulent une partie de leurs intérêts par grandeur d’âme. Les pays les plus riches mettent « la main au pot » en se persuadant que c’est un nouveau prêt que les grecs devront rembourser. Et chacun de vouloir prendre une part du pays si celui-ci ne respectait pas les engagements pris par ses créanciers, sans qu’à aucun moment le peuple ne donne son accord pour quoi que ce soit.

Autrement dit : les pays et les banques imposent leurs conditions, paient et exigent des grecs qu’ils baissent leurs salaires, en finissent de frauder le fisc et s’intègrent dans la compétitivité mondiale. Et s’ils ne le font pas, ou que très partiellement ? Ils envahiront la Grèce ?

Restons vigilants et attentifs. De nouveaux mots vont bientôt embellir notre langue. De nouvelles façons de penser également. Merci par avance aux grecs.

 

PatricK CORREGGIO

 

Démagogue, politicien
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La french lover attitude


La présidentielle fut d’une violence inouïe, comme d’habitude, et les législatives qui suivirent démontrèrent une fois de plus l’effet diabolique de notre système majoritaire, donnant une majorité absolue à un seul parti politique et des miettes pour tous les autres. Tous les mouvements politiques sont sans dessus dessous. Nous sommes fin juin 2012.


François H. a été élu Président et son parti détient dorénavant la majorité absolue à l’Assemblée nationale, comme il l’avait déjà au Sénat, ainsi que dans quasiment toutes les Régions de France, dans une grande majorité de Départements et de grandes villes de métropole et des territoires d’outre-mer. Au lieu de calmer les troupes conquérantes, c’est la foire d’empoigne. Il n’en peut plus, lui qui aime tout le monde et voudrait être le roi chéri par tous. A bout d’arguments, il se rend à l’évidence, et, pour permettre à chacun d’avoir sa place, il décide, grand seigneur, d’épouser Ségolène et de la faire ainsi Première dame de France. Valérie aura un château en Corrèze. La France reteint ses larmes lors du mariage à Notre-Dame. L’audimat bat des records, le peuple exulte. Ouf ! La France recouvre la paix dans son cœur.


Nicolas S. a finalement perdu sur le fil, mais la déconvenue des législatives se transforme en attaques innommables de la part de ses anciens courtisans tant pour son action à la tête de l’Etat durant son mandat et que pour la façon, incompréhensible, qu’il a eu de conduire cette campagne présidentielle. C’est la révolte, l’UMP vole en éclat. Carla court les cabarets parisiens avec des chansons contant sa vie élyséenne. Il est la risée de tous. Il se retire sur l’immense yacht d’un ami et médite. Tout d’un coup, la vie revient en lui. Sa décision est prise. Il va apprendre parfaitement l’anglais, accepter ce poste dans une grande banque Newyorkaise et tout faire pour regagner le cœur de Cécilia, la seule qu’il n’ait jamais vraiment aimé. Il est sauvé ! Informée, Angéla M. pleure de joie.


François B. a encore perdu. Il a encore fait le mauvais choix entre les deux tours en choisissant de soutenir Nicolas S. Il est le loser de la politique française de ces dernières décennies. Le Centre explose de toutes parts. Marielle de S. est là, comme toujours. Il la regarde et soudain comprend. Elle sera toujours là, pour lui, quoi qu’il fasse. Toute sa pratique religieuse refoule. Il appelle au village, là-bas. Dit à Babette au revoir, elle peut tout garder, elle le mérite bien. Lui et Marielle partiront à la conquête de Paris, la ville des amoureux du monde entier et peut importe le résultat. C’est décidé. Enfin, le choix qu’il aurait du faire depuis tant d’années !

Marine le P. sera passée d’une extrême à l’autre durant cette campagne. Mais les législatives auront donné à son parti suffisamment d’élus pour constituer un groupe à l’Assemblée nationale. C’est un exploit que ne réalisent pas le Centre, les Ecologistes et les Communistes. Impensable ! Prise par l’euphorie de ce triomphe, après tant de déconvenues et de soumission filiale, elle fait son coming out. Stupeur ! Jean-Marie ne s’en remet pas. Son parti la répudie. Elle s’en fout, sa ville sera Venise, c’est décidé. Elle y siégera comme l’avocate de toutes les minorités. Vive la vie !

Devant tant d’évenements radieux, la France réunit en Congrès décide de remplacer son jour de Fête nationale par le 14 février. Le 14 juillet restera celui des flirts en politique, plus badins. Cela sied mieux à l’été. Enfin, une page de l’histoire de France est tournée, le pays se remet en ordre de marche, une fleur en bandoulière.

La rose sans épines remplacera le coq.

 

Patrick CORREGGIO

 La french lover attitude
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Protéger notre « civilisation » ? Chiche, Monsieur Guéant !


Ce samedi 4 février 2012, devant un parterre d’étudiants français issus des milieux les plus conservateurs de notre pays - combien d’étudiantes à ce colloque ? - M. Guéant a appelé à "protéger notre civilisation". M. Claude Guéant est un haut fonctionnaire, passé par la faculté de droit de Paris, puis par l’Institut d’Etudes Politiques avant de faire l’ENA. Il fut préfet et était déjà conseiller au ministère de l’Intérieur il y a 35 ans.

Nous pouvons considérer que ce monsieur a le parcours type du dirigeant français. Cela est tout à fait respectable, la question n’est pas là. Son parcours initial est d’ailleurs semblable à la plupart des candidats à cette élection présidentielle, de « gauche » comme de « droite », ainsi que de leurs seconds.

Mais ses propos donnent à réfléchir, en dehors de toute réaction émotionnelle, si possible. Reprenons-les sur les points qu’il met en avant pour distinguer certaines « civilisations » d’avec la notre. Nous serions plus avancés que d’autres.

"Celles [les civilisations] qui défendent l'humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient", a-t-il argumenté. L’humanité d’une civilisation, pour M. Guéant, se reconnaît à « la défense de la liberté, de l'égalité et la fraternité. A celle qui « reconnaît la minorité des femmes et à celle qui ne s’appuie pas sur la haine sociale ou ethnique ». Bien. Propos intéressants.

Peut-on revenir sur les combats « de civilisation » menés en France par les différentes composantes politiques de notre pays et reconsidérer qui et comment s’est positionné depuis des décennies dans le sens des items retenus par M. Guéant ?

Sans vouloir développer ici de façon exhaustive l’histoire politique de notre pays, il est quand même surprenant de voir la « droite nationaliste, catholique et populaire » reprendre à son compte ces combats : l’égalité, la place des femmes dans la société et le refus de distinguer les populations par leurs origines sociales ou ethniques.

Non pas que parmi ses sympathisants il n’y ait pas eu de combattants pour l’égalité ou autre. Mais, sauf erreur, ce sont surtout des mouvements contestataires de l’ordre établi qui adoptèrent la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen en 1789.

Quant à la reconnaissance des femmes dans la société, c’est encore plus surprenant. Et plus encore en France, un des derniers pays occidentaux à avoir accordé le droit de vote aux femmes. Aujourd’hui encore, la France de M. Guéant est un des pays où elles sont les moins représentées en politique et en économie.

Il n’y a pas si longtemps – et ce temps est-il révolu ?- que de nombreux partis de cette « droite ultraconservatrice » proposaient le retour au foyer pour les femmes, ne serait-ce que pour laisser des emplois aux hommes. Mais bon, peut-être que là aussi, considérant l’équité hommes – femmes de « nos » derniers gouvernements, de « notre » Parlement et de « notre » Sénat, nous pouvons donner la leçon aux autres.

Et ces « civilisations » qui acceptent la tyrannie et la haine sociale ou ethnique ? Quelles sont-elles ? La société française aurait-elle oublié, au hasard, la Saint-Barthélemy de 1572, la révocation de l’édit de Nantes en 1679, les révoltes vendéennes de 1793, l’expansion coloniale sous le second empire, l’affaire Dreyfus, la rafle du Vel’ d’Hiv’, les morts du métro Charonne en 1962, … Devoir rappeler tout cela à un ministre de l’Intérieur de la République Française !

Cela ne veut pas dire que les autres « civilisations » furent et sont meilleures. Mais simplement évitons d’oublier ce que nous sommes et d’où nous venons, nous aussi. Le paradoxe de la situation est que ce discours de M. Guéant, qui se veut « de condamner les civilisations qui ne respectent pas la liberté de conscience, la liberté d'expression et l'égalité entre les hommes et les femmes », a été prononcé devant des jeunes qui militent pour une France catholique traditionaliste, nationaliste et particulièrement normative pour ce qui est du fonctionnement de la cellule familiale.

Nous en sommes à nous demander si ce genre de propos ne tiendrait pas plus du vœu de voir notre « civilisation » ressembler à celles de ces pays montrés du doigt. Mais ne faisons pas de procès d’intention.

Disons simplement : chiche, Monsieur Guéant. Que « la droite et l’extrême droite » s’engagent sans concessions et agissent dorénavant pour la liberté, la fraternité, l’égalité homme – femme et le refus de toute haine sociale ou ethnique.

 

Patrick CORREGGIO

Protéger notre “civilisation“ ? Chiche, Monsieur Guéant ! http://lecercle.lesechos.fr/presidentielle-2012/221143107/proteger-civilisation-chiche-monsieur-gueant via @CercleLesEchos

 

 

Présidentielle : la course de la lenteur est engagée


A moins de douze semaines du premier tour de l’élection présidentielle, les candidats entament une course de la lenteur qui, pour les quatre principaux, doit les conduire au pied de la redoutable ascension finale, et pour deux d’entre eux, vers la qualification pour le second tour.

Le relatif triomphe socialiste du discours de campagne du Bourget a surpris jusque dans son propre camp les partisans de F. Hollande. Puis le détail du programme et l’échange télévisuel avec A. Juppé ont transformé cette séquence en une « Blitzkrieg » - guerre éclair en allemand –, obligeant la candidat à une stratégie offensive qui visait à emporter une victoire décisive sur N. Sarkozy par un engagement énergique.

Mais cette euphorie a son revers : F. Hollande est désormais celui qui focalise toutes les attaques. En choisissant ce mode de combat, le candidat de la gauche a pris la place du président sortant. F. Hollande va devoir gérer ces douze semaines à venir, avec tact. Et éviter de perdre plus d’un point par semaine dans les sondages d’opinion. Etant le seul à avoir mis sur la table tout son programme, il ne lui reste plus beaucoup de cartouches à tirer.


Pour N. Sarkozy, la difficulté va être de stopper l’hémorragie de ce début d’année 2012. Il faut dire que depuis novembre 2011 et la fin du G 20, le président sortant a multiplié les erreurs de casting. Le coup était déjà difficile à jouer pour lui, mais ses revirements, ses annonces inopportunes et pour tout dire, sa stratégie, ont été contreproductives au point de faire douter jusque dans son camp de sa capacité à gagner. Par la force des choses, le voilà contraint à lancer des leurres à tous vents.

Pour l’instant, il bénéficie encore d’un socle de 20 à 25 % de sympathisants. Il va devoir tout faire pour ne plus en perdre au risque alors de passer sous un seuil qui lui serait fatidique. En concentrant toutes ses attaques sur le candidat socialiste et en évitant d’autres sorties hasardeuses, il peut encore se qualifier, certainement. Mais l’actualité est également son pire ennemi, comme l’ont démontré ces derniers mois.


M. Le Pen se trouve également dans une situation délicate. Si elle devait baisser, ses partisans seraient certainement tentés de regarder ailleurs. Si elle devait dépasser dès à présent le seuil des 20 %, elle focaliserait sur elle toutes les attaques de droite comme de gauche. Son jeu est de rester à ce niveau jusqu’à début avril, elle aussi. Et, à l’inverse de N. Sarkozy, elle peut compter sur l’actualité pour souligner à chaque fois l’iniquité des autres candidats. Pour l’instant, le contexte national, européen et international lui a été favorable. Ce qui se passe en Grèce et en Espagne, notamment, peut encore lui servir de tribune à bon compte.


Quant au quatrième candidat encore dans la course, mais un peu plus loin des trois précédents, son intérêt est aussi de ne pas monter trop haut trop vite, tout en gagnant régulièrement un point de-ci de-là. Il devrait bien réviser ses leçons de physique, lui le professeur de français, sur les vases communicants. C’est une technique particulière pas vraiment aisée à maitriser. Le siphonage doit se faire en un point proportionnel à la profondeur des récipients, dit par pression hydrostatique. Cette mécanique des fluides ne tient pas compte de l’orientation des récipients. Il faut aspirer longtemps, avec courage et régularité. Si vous avez une bonne technique, à un moment, le liquide passe de l’un à l’autre. Il ne faut pas aller trop vite, ni trop lentement. Peut être qu’à la troisième tentative, un bon élève y parvient. A voir. Tout est question de capillarité, parfois appelée tension superficielle.

Et oui, une course de la lenteur pour ces quatre candidats, suppose réactivité, sang froid, équipes soudées, … Bref, tout un programme.


Patrick CORREGGIO
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Les deux jours où les « grands » candidats firent beaucoup d’erreurs


Comme le font remarquer les sinophiles esthètes, depuis le 23 janvier 2012, nous sommes entrés non pas dans l’année du dragon, mais bien dans celle du « Drag on », c’est à dire celle de l’enlisement. Les principaux candidats à l’élection présidentielle viennent tous de nous le démontrer, en deux jours.

 

Et pourtant, deux jours avant ce changement d’année du zodiaque chinois, le leader des sondages d’opinion, F. Hollande, avait enfin réussi en s’emparer des habits d’un Président de la République en devenir. Son discours au Bourget avait réconforté ses soutiens. Au point de faire douloureusement douter ses adversaires.

Et là, depuis, c’est une série continue d’erreurs de la part des principaux candidats à la fonction de présidence de la République Française. Paniqués par cette bonne prestation, ses deux rivaux se sont découverts. A commencer par F. Bayrou. Comme pris de panique et changeant brutalement de posture, tant il eu l’impression que le candidat socialiste venait de gagner son ticket pour le second tour, il s’afficha comme le recours de la droite face à la gauche.

Lui qui déroule, depuis dix ans, avec une constance remarquable, un discours qui se veut ni à gauche, ni à droite, mais uniquement dans l’intérêt général, il vient de trébucher.

En désignant N. Sarkozy comme battu, il s’affiche par là même comme son successeur à droite. Il gagnera peut-être quelques points de se coté là, mais en perdra tout autant, sinon plus, chez ceux qui ne voulaient plus de l’U.M.P. et du P.S. ou de leurs partenaires politiques. Le masque vient de tomber.

Et N. Sarkozy, surpris certainement par ce discours présidentiel de F. Hollande, avoue ouvertement qu’il pense à son avenir en margede la politique. L’éternel winner à qui rien ne résiste s’habilledésormais en loser. Incroyable erreur de communication pour un homme qui a accompli toute sa carrière avec une telle énergie que rien ne semblait l’atteindre. Seule son ambition était la marque d’un leader. Et ses alliés de s’y rattacher, comme conquis par cette confiance en soi surhumaine.

Ne restait plus que F. Hollande. Que lui a t-il pris de vouloir débattre avec A. Juppé, quelques jours après avoir réalisé sa meilleure prestation depuis trente années de vie politique ? Depuis quand un candidat, potentiel futur Président de la République, débat-il avec « un second couteau ».

Malgré tout le respect dû à un ancien premier ministre, la faute est énorme. C’était à un autre ancien premier ministre proche de F. Hollande ou à M. Aubry, donnée pour ce poste, de monter sur le ring. Il ne peut que prendre des coups. S’afficher comme un militant partial. A chacun sa place. On ne peut débattre avec la même contrainte suivant la place que l’on occupe. Il ne doit débattre qu’avec d’autres candidats, surtout en « prime time ». Et sauf erreur, même si cela serait certainement un choix opportun pour son parti politique, A. Juppé n’est pas le candidat de l’U.M.P.

Nous sommes bien entrés dans une année qui pourrait bien nous réserver d’immenses retournements de situation. Et nous n’en sommes qu’au début.

Bien maligne, M. Le Pen, qui continue d’engranger des voix sans forcer son tempo. Ses adversaires lui ouvrent une véritable autoroute !

 

Patrick CORREGGIO


Les deux jours où les “grands“ candidats firent beaucoup d’erreurs http://lecercle.lesechos.fr/presidentielle-2012/221142620/deux-jours-grands-candidats-firent-beaucoup-erreurs via @CercleLesEchos

Faut-il rechercher coûte que coûte le vote ouvrier ?


Le vote des ouvriers est devenu en quelques jours l’enjeu de la campagne présidentielle. Pour les détourner de M. Le Pen et les voir retrouver un chemin digne de la France et de ses valeurs.

Tous les candidats se les arrachent. Dommage pour eux qu’il n’y ait qu’une présidentielle tous les cinq ans. Avec le « achetons français » et le désir soudain de réindustrialiser la France, voilà le monde ouvrier au cœur de l’avenir de notre pays.


La crise de la dette aidant et avec elle un sentiment xénophobe qui gagne une grande partie de nos concitoyens, ce milieu professionnel, qui diminue démographiquement comme le fît celui de l’agriculture, est au centre de tous les discours politiques de « nos » candidats. La « volatilité » qu’indiquent les sondages d’opinion quant à leurs intentions de vote, mobilise chaque camp.


Mais faut-il pour autant aller vers un discours taillé sur mesure pour capter leur suffrage, quelque qu’en soit le prix ? Des ouvriers que l’on définit par un grand désenchantement vis à vis de la gauche, passés du communisme au « frontisme » en une génération, du « tous unis » au « tous les étrangers dehors ». En peu de temps, ces ouvriers seraient devenus le symbole des racines de la France, comme le furent en leur temps le monde rural.

Faut-il franchir la ligne jaune ? Les élus et les ministres de l’U.M.P. s’emparent du discours du F.N. pour convaincre les retraités, les artisans et les commerçants, notamment. Si le Modem et le P.S. s ‘approprient un discours nationaliste, populiste et anti européen des extrêmes, nous risquons d’aller tout droit vers un modèle Hongrois.

Peut-on réellement trouver matière à notre avenir dans les régimes qui prônent l’ouvrier au cœur du système, au point de dénigrer – et c’est un euphémisme -, les « cols blancs », les intellectuels, les entrepreneurs, … Comme le font la Chine, la Corée du Nord, Cuba, le Venezuela d’H. Chavez ?


Il fut une époque où les agriculteurs représentaient aussi le communisme. Et oui, tous n’étaient pas « des Chouans ». Ils quittèrent progressivement la gauche pour ne plus y revenir. Que feront les derniers ouvriers ? Sauf à penser que la réindustrialisation de la France sera effective dans les prochaines années - et sans nous dire comment -, il est fort à craindre que nous assistions là, à un sentiment de culpabilité de nos édiles, plus qu’à un véritable enjeu pour le devenir de notre pays.


Mais peut-être qu’après tout, ces discours tardifs ne sont qu’une oraison funèbre pour un groupe social respectable, qui compta fort dans le paysage économique, culturel et politique national. Accompagnons la mutation économique de notre société, avec réalisme et courage, plutôt que d’entretenir des illusions, bien dangereuses. 

Patrick CORREGGIO

 

Faut-il rechercher coûte que coûte le vote ouvrier ?   http://lecercle.lesechos.fr/presidentielle-2012/221142540/faut-rechercher-coute-coute-vote-ouvrier via @CercleLesEchos

Les « couches moyennes » : dindons de la farce économique et sociale ?

 

Les « couches moyennes «  recouvrent, en économie comme en sociologie, une zone entre deux autres, plus facilement identifiables : les riches et les pauvres. Tout cela étant très subjectif. Riche économiquement, culturellement et socialement. Pauvre en tout. Les « couches moyennes » sont un réceptacle bien commode, sauf en politique.

 

Et pourtant, elles ne sont jamais privilégiées en tant que telle. Nous pourrions imaginer que, représentant la plus grande partie de la population, elles soient au cœur de toutes les initiatives politiques. Mais, comme elles sont un espace « par défaut », il est difficile à chacun de s’identifier « couche moyenne ». Le coté péjoratif ajoute à l’insatisfaction d’être « moyen ».

 

Considérons que les ouvriers et les employés n’en sont pas, économiquement du moins. Et que les plus fortunés non plus. Les « sans » emploi, logement et autre non plus. Qui en est ? Les fonctionnaires de catégorie A et plus, les cadres sauf les cadres dirigeants, a priori, les ingénieurs et les professions libérales. Peut-être encore quelques autres comme les artisans et les commençants, par exemple. 

 

Parmi ceux qui seraient dans cette catégorie économique et culturelle un peu « fourre-tout », il nous faudrait retirer ceux qui socialement, de part leur état statutaire ou leurs possibilités économiques, appartiennent à un corps très structuré et donc sont capables d’entregents : les fonctionnaires et les chefs d’entreprise. Cet entregent leur permet d’échapper à ce qui constitue le point commun de la catégorie des « couches moyennes » : donner beaucoup, recevoir peu.

 

Car cette catégorie participe fortement à l’économie du pays : salaires supérieurs à la moyenne et donc fortement taxés et imposés, souvent beaucoup d’heures de travail pas toujours prises en compte, des postes exposés avec des responsabilités psychiquement contraignantes et dotés de diplômes de l’enseignement supérieur.

 

Malgré tous ces avantages, il ne leur est pas permis, sauf à connaître « quelqu’un qui », d’accéder au meilleur de ce que peut procurer une société développée :

 

-       accès aux meilleurs écoles, collèges et lycées car ces places sont d’abord occupées pas les enfants des catégories supérieures, par ceux qui connaissent « quelqu’un qui » ou par ceux qui font partie du milieu, comme les fonctionnaires de l’Education nationale en premier lieu ;

-       accès au meilleur d’une justice en pays démocratique, mais leurs moyens économiques leur permet simplement de payer toujours, par exemple les pensions alimentaires, sans jamais pouvoir bénéficier d’avocats spécialisés pour ce qui est de passer entre les mailles du filet pour les avantages que procure le système ; 

-       accès à un logement de qualité autre que les habitations réservées aux plus démunis, ce qui est normal, mais sans pouvoir accéder à un logement coûteux – en location comme à l’achat - faute de pouvoir dissimuler une partie de ses revenus, comme pour de nombreuses professions, ou à des logement intermédiaires qui sont « réquisitionnés » par ceux qui connaissent « quelqu’un qui » ou font partie du milieu : politique, administration ou autre ;

-       accès au meilleur de la santé car comme pour le logement, le secteur public est très moyen et le correct est très coûteux et ainsi de suite.

De plus, compte tenu des emplois occupés, comme par exemple ceux qui conduisent à manager des équipes dans des secteurs sensibles, un isolement souvent douloureux car là aussi, situé entre ceux qui produisent et constituent un « corps homogène » avec ses règles et ses réseaux, même s’ils sont peu enviables, et ceux qui peuvent économiquement, socialement et culturellement en tirer plus de bénéfices que d’inconvénients comme les haut fonctionnaires, les cadres dirigeants ou celles et ceux ayant un réseau fait « d’obligés » : les leaders d’opinion ou les élus par exemple.

 

Sauf à connaître « quelqu’un qui », à être un héritier ou à faire partie d’une profession phare, les « couches moyennes » semblent bien constituer les dindons d’une farce économique et sociale en France. Et gageons que les échéances à venir ne seront pas propices à un groupe si peu constitué ou identifié comme une force, alors qu’il est le principal moteur du pays.


Patrick CORREGGIO

 

Les “couches moyennes“, dindons de la farce AAA http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/societe/autres/221142273/couches-moyennes-dindons-farce-aaa via @CercleLesEchos

Vote ouvrier : faut-il à ce point le rechercher ?


C’est devenu en quelques jours l’enjeu principal de la campagne présidentielle : gagner le vote des ouvriers. Les enlever à M. Le Pen. Leur faire retrouver un chemin digne de la France et de ses valeurs. Les faire revenir à de meilleurs sentiments à l’égard des partis traditionnels et de la démocratie.


Tous les candidats se les arrachent. Dommage pour eux qu’il n’y ait qu’une présidentielle tous les cinq ans. Avec le « achetons français » et le désir soudain de réindustrialiser la France, voilà le monde ouvrier au cœur de l’avenir de notre pays.

La crise de la dette aidant le sentiment xénophobe gagnant une grande partie de nos concitoyens, ce milieu professionnel, qui diminue comme celui de l’agriculture, est au centre tous les programmes politiques de « nos » candidats. La « volatilité » qu’indiquent les sondages d’opinions de cette frange de la population française quant à leurs intentions de vote mobilise chaque camp.


Mais faut-il pour autant aller vers un discours taillé sur mesure, du moins les stratèges de chaque candidats le croient-ils, pour capter ce fameux vote ouvrier ? Définis par une grand désabusement vis à vis de la gauche, passés du communisme au « frontisme » en une génération, du « tous unis » au « tous les étrangers dehors » en peu de temps, les ouvriers seraient devenus le symbole des racines de la France, comme le furent les agriculteurs avant eux.


Doit-on, pour capter leurs suffrages, donner corps à sentiment d’échec, certainement réel au demeurant du point de vue économique et social, au point pour les partis de gouvernement de franchir la ligne jaune ? Déjà qu’à l’UMP les élus et les ministres s’emparent du discours du F.N. pour draguer les retraités, les artisans et les commerçants, notamment, si en plus le Modem et le P.S. copient le discours populiste de l’extrême gauche, nous auront assurément, dès cet été, un modèle Hongrois en devenir.

Peut-on réellement trouver matière à notre avenir dans les régimes qui prônent l’ouvrier au cœur du système, au point de dénigrer, et plus, les « cols blancs, les intellectuels, les entrepreneurs, … Comme le font la Russie, le Chine, la Corée du Nord, Cuba, le Venezuela ?


 Patrick CORREGGIO

 

Saurons-nous trouver un capitaine et un équipage solides pour affronter la tempête ?


Il semblerait que notre pays soit arrivé au bout du bout de son organisation administrative, économique et sociale. Que celle-ci ait permis, cahin-caha, de maintenir à flot un bateau affrontant une mer relativement calme est à mettre en partie à l’actif – et au passif - de ses capitaines et de ses équipages successifs. Mais aujourd’hui, il nous faudrait quitter la méditerranée pour affronter l’atlantique. L’Europe n’est plus ce lieu central où l’économie mondiale se développe et suffit à enrichir sa flotte.

 

L’embarcation vaut ce qu’elle vaut. Il faudra la reprendre en cours de route. Et pas simplement pour un ripolinage. Globalement, cette barque n’a pas les outils adaptés pour supporter un gros grain asiatique, sud-américain, voire océanique. Que nous proposent, en creux, les candidats armateurs ?


Rappelons-nous que les petites embarcations grecques, italiennes, espagnoles et portugaises se cherchent un port de toute urgence en réduisant chemin faisant leur poids par une diminution de 10 à 20 % des salaires de ses fonctionnaires, une diminution identique des pensions de retraites, en tentant de se délester d’entreprises publiques – privées qui ne participent pas – ou si peu - aux tâches collectives et doit faire avec un équipage qui passe trop de temps à bronzer. Tout en espérant qu’un pirate ne profitera pas de l’occasion pour arraisonner l’esquif.

 

Chez nous, ces annonces ne viendront que d’ici l’été. Avec, ici ou là, l’idée de réparer la coque en augmentant les taxes de toutes parts pour payer les travaux, maintenir à flot la chaloupe mais aussi en récupérant en mer toutes celles et ceux qui, tombés à l’eau lors des derniers coups de vent, auront des emplois aidés, avant de les titulariser, par solidarité entre tous les métiers de la mer et en appliquant cette ancienne théorie de la mono-industrie. Ce qui obligera le capitaine à charger toujours plus le navire, pour nourrir tout ce petit monde. Et donc à encore augmenter les taxes, écologiques, nucléaires, fiscales, … Et ne doutons pas que notre culture maritime nous obligera à prendre à droite comme à gauche, quelle que soit la formation initiale du capitaine. Il faudra bien que tout le monde participe.

 

Mais tout cela n’est que pure théorie de grandes écoles. Sur le papier, tout est simple. Surtout s’il on croit ses professeurs, eux-mêmes enseignants suite à bien des déconvenues en pleine mer ou directement intéressés par la cargaison. Rappelons-nous seulement deux moments, avec des capitaines pourtant respectés et forts de seconds très courageux, dont un naviguait de préférence à tribord, et l’autre plutôt à bâbord. Une manifestation de l’enseignement libre fit chavirer le gouvernement de F. Mitterrand bien plus que tout autre. Des cheminots firent rebrousser chemin un A. Juppé pourtant « le meilleur de sa classe », bien droit de ses bottes au moment de l’assaut.

 

Malgré tout le respect que nous devons au monde entier, ces soubresauts n’étaient que du « pipi de chat » au regard de ce qui nous attend. Quel capitaine sera capable d’imposer une diminution des salaires des fonctionnaires, une réduction drastique de leur nombre, une diminution des aides, une augmentation des taxes et de la charge de travail, l’obligation pour tous de s’acquitter de leur dîme sans y échapper en « bakchichant » à tors et à travers, et que savons-nous encore sans passer par dessus bord ? Sans compter tous ces changements de temps imprévisibles, sauf que l’on sait qu’ils vont survenir, plus fort encore que jamais : problème sanitaire, chaudière nucléaire hors d’état, mécanique qui flanche, mât maltraité par une voile disproportionnée, ... Stoppons là avant d’être accusé d’oiseau de mauvaise augure, ou plus encore, de se ravir par avance de difficultés. De les annoncer pour mieux les faire survenir, comme un Pygmalion maléfique.

 

Pensons-nous vraiment que parmi les candidats, nous ayons, à ce jour, perçu un tel capitaine courage ? Et prêt à s’embarquer avec un équipage formé, qualifié, doté de toutes les qualité de commandement et de cohésion, sachant tenir un cap, des hommes et des femmes de toutes conditions, capables de parler toutes les langues des futures contrées, connaissant les meilleurs techniques avec les outils les plus performants, tout en évitant que tout le monde s’entretue au premier prétexte ?

 

Un ou une qui ne passera pas le bastingage à la première contestation, car la route sera longue, incertaine, périlleuse. Trouverons-nous un homme, une femme, une équipe qui ne fera pas comme les précédentes : se blottir entre soi à chaque bourrasque, lâcher tout et attendre en laissant le canot dériver au gré des courants. S’en remettre à un dieu, à la chance ou à une éclaircie salvatrice.

Nous disons cela assis bien confortablement à la fenêtre de notre hublot, le regard posé sur l’horizon. Mais nous aimerions tellement entendre un mugissement plutôt que ces éclats de voix.

 

Patrick CORREGGIO

 

Saurons-nous trouver un capitaine dans la tempête ? http://lecercle.lesechos.fr/presidentielle-2012/221142011/saurons-trouver-capitaine-tempete via @CercleLesEchos

Statut de fonctionnaire : un statut devenu inadapté et même antidémocratique

 

C’est LA quête du Graal en France, comme le montrent, années après années, les sondages réalisés auprès des jeunes, entre autre : être fonctionnaire n’est plus le moyen privilégié de contribuer à la chose publique, au bien commun, mais une fin en soi, un statut qui sauve de la perdition, du risque de rater sa vie professionnelle ; et donc rater sa vie, globalement. Et plus encore avec la crise de l’emploi !


En cette année électorale, le – ou la – candidat qui promettrait d’embaucher massivement dans la fonction publique d’Etat et dans les collectivités territoriales serait élu haut la main, quelle que soit sa couleur politique. Et cela dure depuis si longtemps déjà. A gauche, mais également à droite. Une enquête démontrerait certainement que les collectivités gérées par des équipes de droite comptent un ratio d’agents, en rapport au nombre d’habitants, par exemple, certainement équivalent au ratio dans les collectivités gérées par la gauche. Et les « parents ou proches » des élus y sont certainement tout autant représentés.


Nous sommes là devant un phénomène national totalement assumé. Un marxisme et un keynésianisme dans leur forme aboutie : faire salarier l’ensemble de la population par l’Etat ou ses annexes pour assurer le plein-emploi et la consommation. Avec ce genre de principe « économique », il faut vraiment être le dernier des imbéciles pour « perdre » une collectivité lors d’une élection municipale ou autre. Que les pays les plus endettés de la zone euro soient également ceux qui pratiquent le mieux cette « gestion » des affaires publiques est très certainement un pur hasard. Bien sûr, le ratio de fonctionnaire est au moins aussi élevé dans les pays scandinaves. A vérifier si ces pays - que l’on qualifient de puritains pour indiquer chez eux un sens du devoir affirmé - auraient autant de fonctionnaires en l’absence de la « manne pétrolière ». Même si, à tout prendre, il est préférable de « redistribuer le butin » – pas vraiment écologique - plutôt que de se l’accaparer, comme dans le monde arabe ou latino-américain, voire texan.


Bien évidemment, il n’est pas question de juger les individus. Qui accuse les salariés d’AREVA, des banques ou des compagnies pétrolières des gains pharaoniques ou des agissements de leurs dirigeants ? Ce ne sont pas les personnes - les agents – qui doivent être considérés comme inadaptés ou moins démocrates que d’autres. Ni meilleurs citoyens non plus. C’est un statut déifié et une croissance exponentielle qui envahissent nombre de pays démocratiques, ce qui nous conduit vers une dérive inévitable et dangereuse, comme tout monopole. Une oligarchie.

 

D’immenses pays comme la Russie, première puissance mondiale fut un temps, se sont effondrés en un clin d’œil, exsangues et laissant derrière eux une population appauvrie, sans boussole ni valeurs collectives. Et cette Chine, qui fait tant peur, aujourd’hui présentée comme un savant dosage d’autocratie et de développement économique et managérial, n’y survivra pas plus en continuant de privilégier un seul mode économique, le fonctionnariat d’Etat et son corolaire : la corruption. Car, partout sauf chez nous, bien sûr, administration égale corruption. Ah, que ces français sont bons !

 

Pourquoi ce statut est-il devenu inadapté à une gestion d’un bien public ? Parce que ce statut est plus que jamais devenu une fin en soi, et plus rien d’autre. Tout comme l’économie libérale. Si son seul objectif est de faire gagner toujours plus d’argent à une poignée d’individus et reléguant la majorité dans la misère, elle n’a plus sa raison d’être : un moyen efficace pour améliorer le quotidien matériel des individus. Tout simplement. Et avant de sombrer, cherchons une autre voie, d’urgence.

 

Si ce statut était à ce point salvateur, nous n’aurions pas environ 20 % de ses personnels qui, chaque jour ouvrable, ne vont pas travailler pour une raison autre que de prendre ses congés légaux ou ses récupérations. Cela s’appelle l’absentéisme. En plus, chaque enquête démontre un profond mal-être individuel de « nos » fonctionnaires, qui pourtant ont obtenu ce qu’ils chérissaient depuis toujours. Sans compter la « faible productivité » pour l’intérêt général. Et pour pallier à toutes ces absences continuelles, il faudrait embaucher toujours plus. Où cela s’arrêtera t-il ?

Quel sens cela a ? Eviter de grossir le nombre de demandeurs d’emploi ? Ne serait-il pas plus efficace et respectueux pour toutes ces personnes « malades » et pour les autres que de construire un service de l’emploi digne de ce nom ? Car chercher un travail, c’est un boulot à temps plein qui demande de vraies compétences. Il faut donc un encadrement, un management, une évaluation, des formations pertinentes et adaptées pour tous les demandeurs d’emploi, plutôt que de les détruire à petit feu ou de les « poser » là, avec un revenu minimum, les savoir survivre et se donner ainsi bonne conscience.

 

Et que dire des syndicats et des partis politiques dans ce contexte ? La première fonction d’un syndicat, essentielle, est de représenter et de défendre « ses adhérents ». Une défense du consommateur absolument nécessaire en démocratie. Faut-il, pour le plaisir, rappeler ici l’interdiction de ce principe de défense des salariés dans les pays totalitaires. Ce qui n’est pas le moindre des paradoxes quand les dirigeants des organisations syndicales indiquent leur préférence politique. Mais passons, nous avons tous nous propres contradictions, et surtout nos propres intérêts bien compris. Donc, chacun est à sa place, c’est la règle du jeu. Mais uniquement à sa place.

 

Par contre, concernant les partis politiques, c’est plus discutable. Leur projet politique devrait concerner bien au-delà d’un statut salarial de telle ou telle branche professionnelle. Il apparaît que les partis de gauche sont avant tout des mouvements de défense du statut de fonctionnaire, avec une radicalité qui va du centre gauche à l’extrême gauche. Un curseur qui part d’une dose – toujours plus grande et colonne vertébrale du projet politique, économique et culturel - de fonction publique et territoriale à un Etat collectiviste pur et dur. Pour le reste, quelques « marottes », mais pas grands chose à voir avec une vision politique spécifique et novatrice. Et à droite ? Une schizophrénie absolue entre le discours local et la posture nationale. Une pratique clientéliste sur le terrain, et une obsession de la réduction des effectifs pour la fonction publique d’Etat, avec un discours poujadiste et des choix budgétaires inconséquents et paradoxaux.

 

Là aussi, une grande confusion règne entre les moyens nécessaires à mettre en œuvre pour garantir les grandes missions d’intérêt général de l’Etat et le statut des personnels dédiés. Il serait mille fois préférable de s’engager à maintenir, au minimum et plus encore en temps de crise, des moyens budgétaires à euro constant attribués à la santé, à l’éducation, … Plutôt que de renvoyer ces missions à des collectivités locales baignant dans l’à-peu-près, l’incapacité - comme l’Etat à ce jour il est vrai - de manager ses agents et de sortir du localisme. En contrepartie des économies qui seraient ainsi réalisées en réduisant le nombre de salariés au moins 15 à 20 % puisque c’est déjà la situation actuelle compte tenue de l’absentéisme, mais plus encore en responsabilisant des managers dotés de vrais pouvoir de direction sur leurs équipes, nous pourrions réaffecter ces moyens vers la qualité des services de chaque ministère considéré. Enfin des marges de manœuvre.

Un projet politique, ce n’est quand même pas que du populisme ! Et puis, être juge et partie en permanence empêche. Comment orienter et prendre des décisions justes et équitables quand se sont « vos » salariés, les agents publics, qui vont devoir s’y atteler, de gré ou de force ? Et peut-être, ici ou là, contre leurs propres intérêts, ou avec une charge ou des conditions de travail qui ne leur soient pas favorable, à eux ?

Nous disposons des contrats de travail dits de droit privé pour des salariés intervenant pour le bien public, comme c’est le cas avec le secteur dit « parapublic », par exemple. Même si, là aussi, une certaine dérive s’est installée dans le monde associatif, notamment. Entre certains acteurs qui ne sont qu’un « sous-prolétariat » d’une fonction publique qui ne veut et ne peut plus aller au-devant des plus démunis ou d’autres « dirigeants » qui s’arrogent des salaires et des statures dignes de « nos hauts fonctionnaires », sans en avoir ni les compétences, ni les contraintes. Il y aurait là aussi beaucoup à remettre sur l’ouvrage.

 

Il serait d’ailleurs intéressant de demander au peuple français de décider, par référendum, ce qui doit être absolument de la mission d’un l’Etat moderne et impartial et ce qui pourrait être temporairement délégué à des services ou à des entreprises privés ou parapublics, nationales ou non. Il est quand même question de notre patrimoine à tous. Et voir « nos » dirigeants vendre ce patrimoine pour financer du fonctionnement quotidien, ce n’est quand même pas le signe d’une très bonne gestion. Comme ces banques qui ne font pas que du « dépôt ». Qui paie les pots cassés ? Pas ceux qui entre-temps s’en sont mis plein les poches ou sont réélus, c’est certain.

 

Nous savons maintenant rédiger des contrats suffisamment élaborés pour y indiquer, aux opérateurs potentiels, ce qui demeure une exigence nationale et pourrait, en cas de non respect, rendre caduque le contrat. Et garder ce qui nous semble devoir l’être absolument, pour des raisons stratégiques, par exemple, missions financées par l’impôt, totalement ou partiellement. Chaque chose pouvant évoluer, ce « travail » serait à reconduire, par exemple tous les cinq ans. Pourquoi par référendum ? Pour éviter – ou limiter autant que faire ce peut - la mainmise de tel ou tel groupe de pression ou d’intérêts particuliers.

 

Notre démocratie et notre organisation collective et administrative sont-elles suffisamment matures ? Serions capable de résister à d’énormes pressions, aux chantages à prévoir, nous qui avons tous autour de nous des proches fonctionnaires, forcément sympathiques et intègres ou des enfants « à caser » ?

Rappelons-nous toute la difficulté qu’il fallu à la France et au peuple français pour sortir de la Royauté. Même « ce brave peuple » ne s’imaginait pas capable de conduire les affaires publiques lui-même, sans ses maîtres, désignés depuis si longtemps par Dieu. Un nouveau mode de gouvernance qui ne fût voté qu’après des révoltes, des guerres, de la haine et … A une voix près !

 

Ne demandons pas l’impossible aux agents qui bénéficient actuellement de ce statut. C’est au peuple, pacifiquement, même si les discussions peuvent être passionnées, et souverainement, après en avoir débattu pendant de nombreux mois, qu’il reviendrait d’en prendre la décision. Sans confier l’animation du débat aux dirigeants actuels, trop parties prenantes. Sans non plus les exclure, ni eux ni personne, bien évidemment.

Osons ouvrir le débat, avec courage et conviction. Pour tendre vers un Etat et un pays modernes et équitables. A chaque époque son émancipation !

 

Patrick CORREGGIO

 

 

Fonctionnaire : un statut devenu obsolètehttp://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/politique-eco-conjoncture/politique-economique/221141627/fonctionnaire-statut-deven via@CercleLesEchos

Ouf, nous n’en sommes plus au temps de l’«Eloge de la folie », d’Erasme, il y a 5 siècles !


La campagne pour les présidentielles de 2012 nous démontre combien nous avons évolué depuis cinq siècles. A la relecture de la satire sociale d’Erasme, Eloge de la folie, un Hollandais ! Cette parodie se lit « en creux ». Nous nous sommes libérés de la noblesse, nous avons conquis le droit de vote, de choisir avec qui nous voulons vivre, où, quand, comment, … Et surtout, nous savons, grâce aux médias.


Heureusement, car Erasme prétendait que - ch. 27 - : « le sage se réfugie dans les livres des anciens et n’y apprend que de froides abstractions ; le fou, en abordant les réalités et les périls, acquiert à mon avis le bon sens ». Et il continuait ainsi : «  Deux obstacles principaux empêchent de réussir aux affaires : l’hésitation, qui trouble la clarté de l’esprit, et la crainte, qui montre le péril et détourne d’agir. La folie en débarrasse à merveille ; mais peu de gens comprennent l’immense avantage qu’il y a à ne jamais hésiter et à tout oser ».


Et puis, après bien des guerres avec nos voisins, nous avons créé l’Union Européenne et nous ne pourrions plus dire, aujourd’hui, comme le fit cet enfant illégitime - ch. 7 - : « Si vous me demandez où je suis né, puisque aujourd’hui la noblesse dépend avant tout du lieu où l’on a poussé ses premiers vagissements ». Stefan Zweig, un autrichien amis les français pensent la même chose, disait d’Erasme il y a peu : « Au lieu d’écouter les vaines prétentions des roitelets, des sectateurs et des égoïsmes nationaux, la mission de l’Européen est au contraire de toujours insister sur ce qui lie et ce qui unit les peuples, d’affirmer la prépondérance de l’européen sur le national, de l’humanité sur la patrie … ».


Cette campagne électorale que nous vivons dans un pays démocratique et moderne n’est plus ce lieu fratricide réservé aux tueurs, comme il y a 500 ans, au temps de cet ancien conseiller auprès de la cour de Bourgogne - ch. 23 - : « N’est-ce pas au champ de la guerre que se moissonnent les exploits ? Or, qu’est-il de plus fou que d’entamer ce genre de lutte pour on ne sait quel motif, alors que chaque parti en retire toujours moins de bien que de mal ? La noble guerre est faite par des parasites, des entremetteurs, des larrons, des brigands, des rustres, des imbéciles, des débiteurs insolvables, en somme par le rebut de la société ». Quelle époque ce pauvre prêtre a t-il vécu ! Aujourd’hui, seules les idées mènent à une rhétorique guerrière de bon aloi, dans le plus grand respect des uns et des autres.

Les équipes de chaque candidats sont composées de citoyens investis pour le bien commun, en permanence. Sans oublier les think-thank, outils modernes et en lien permanent avec les candidats. Quels puissants Erasme a-t-il du servir ? - ch. 37 - : « Les princes, dans leur félicité, me paraissent fort à plaindre d’être privés d’entendre la vérité, et forcés d’écouter des flatteurs et non des amis. On me dira que les oreilles princières ont précisément horreur de la vérité et que, si elles fuient les sages, c’est par criante d’ouïr parmi eux une voix plus sincère que complaisante ».


L’avantage pour nous, qui avons su créer, grâce en parti à Napoléon puis à « nos sans-culottes » une société démocratique, égalitaire et ouverte, c’est que nous ne subissons plus « le fait du prince », comme trop souvent, cinq siècles auparavant, avec « ces rois fainéants » - ch. 55 - : « Les princes laissent aux dieux l’arrangement des affaires, mènent une vie de mollesse et ne veulent écouter que ceux qui savent leur parler agréablement et chasser tout souci des âmes. Ils croient remplir pleinement la fonction (…) s’ils trafiquent à leur gré des magistratures et des commandements, inventent chaque jour de nouvelles manières de faire absorber leur fisc la fortune des citoyens, découvrent les prétextes habiles qui couvriront d’un semblant de justice la pire iniquité. Ils y joignent, pour se les attacher, quelques flatteries aux masses populaires ».


Car le problème que vivait Erasme, et ses concitoyens, était bien la gestion des affaires publiques, que l’on ne saurait, aujourd’hui, prendre par dessus la jambe : « Représentez-vous un prince tel qu’il est fréquemment. Il ignore les lois, est assez hostile au bien général, car il n’envisage que le sien. Il s’adonne aux plaisirs, hait le savoir, l’indépendance et la vérité ». C’est pour cela qu’ensuite, en art par exemple, nous avons qualifié cette époque d’Erasme : La Renaissance !


Après la révolution française, la création de l’Education Nationale, les grandes écoles et tant d’autres lieux publics et privés, nous avons les meilleurs pour gérer les affaires. Pas comme à l’époque d’Erasme, aux Pays-Bas - ch. 65 - : « Que dirai-je des gens de cour ? Il n’y a rien de plus rampant, de plus servile, de plus sot, de plus vil que la plupart d’entre eux, et ils n’en prétendent pas moins au premier rang partout ». On comprend mieux pourquoi il refusa d’être nommé cardinal.

Allez, juste une dernière citation, mais qui n’a strictement rien à voir avec nous, juste pour le plaisir de lire ce passage écrit en 1508 - ch. 37 - : « Revenons à l’heureux sort des fous. Ayant passé leur vie allégrement, sans craindre ni pressentir la mort, ils émigrent tout droit cers les Champs Elyséens, et vont y divertir par leurs facéties les âmes pieuses et oisives ». Il ne pensait pas à Paris, où il séjourna pourtant entre 95 et 99 (au XVe siècle).

 

Patrick CORREGGIO

 

Point à quatre mois du 1er tour de la présidentiellehttp://lecercle.lesechos.fr/presidentielle-2012/221141558/point-a-quatre-mois-1er-tour-presidentiellevia @CercleLesEchos

 

Point à quatre mois du 1er tour de la présidentielle

En cette veille de Noël, nous sommes à quatre mois du scrutin du 1er tour de l’élection présidentielle de 2012. Etat des lieux.


Quatre mois difficiles à venir pour quatre candidats potentiellement en position de passer ce premier tour. Quatre mois difficiles à vivre et tenter d’exister pour tous les autres candidats qui doivent tenir, se faire entendre et / ou se retirer au profit d’un autre, mais au bon moment.

Les dernières tendances dans les préférences des électeurs démontrent une forte volatilité de l’électorat. Concernant les favoris, leur socle tourne autour de 15 à 20 % d’intentions de vote. On peut prévoir qu’une qualification se fera au-delà de ces 20 %, pour les deux futurs finalistes. A eux quatre, ils représenteraient 80 % de l’électorat. La configuration de l’élection présidentielle de 2002 semble se redessiner. Rappelons-nous que les deux finalistes eurent environ 20 % au premier tour. Et que deux autres candidats, pourtant donnés finalistes quelques semaines encore avant le scrutin, eurent « seulement » autour de 18 %.

A y regarder de plus près, on peut anticiper une campagne très serrée entre ces quatre candidats pour accéder au second tour. Et donc voir venir une campagne particulièrement violente, faite de coups bas, de « révélations » sur tel ou tel, de désinformation, … Bref, tout ce qui fait la force destructrice d’une compétition où tous les coups seront permis … Pour la bonne cause, n’en doutons pas.

Et cette violence pourrait être exacerbée plus encore par une situation économique et sociale française, européenne et même mondiale de plus en plus régressive, mais également par la frustration politique des autres candidats, réduits à un rôle de supplétif ou de repoussoir public, dans cette joute électorale.

Les derniers évènements en attestent. La « sortie » de C. Boutin, particulièrement menaçante, n’est que le premier avertissement d’une longue série qui devrait handicaper fortement les deux leaders actuels. Nous savons tous que les coups les plus violents viennent du camp jugée, à tord ou à raison, comme étant le plus proche de ses idées. N. Sarkozy risque de payer très cher sa stratégie, défendable, de vouloir être le seul représentant de la droite à ces élections. P. de Villepin et N. Dupont-Aignant, eux aussi, pourraient fort bien lui faire perdre beaucoup de voix à droite, bien plus que ses adversaires de gauche et leurs sympathisants, qui de toutes façons ne voteront pas pour lui au 1er tour, et l’amener vers un score proche de celui obtenu par J. Chirac, président sortant, en 2002. Idem pour F. Hollande. L’attitude ces derniers jours du P.S. demandant à ses élus locaux de ne pas donner de promesses de soutien à tout autre candidat et son « recentrage » le désignera, à coup sûr, comme un ennemi de la « vraie » gauche par tous les candidats de gauche et d’extrême gauche. Les parasitages permanents avec les Verts risquent également de le faire descendre, semaine après semaine, vers un score qui pourrait ressembler à celui obtenu par L. Jospin en 2002, et non celui obtenu par S. Royal en 2007.

Quant à F. Bayrou, quid de l’attitude d’H. Morin et de l’ex candidat J.L. Borloo ? Là aussi, ses meilleurs ennemis sont peut-être ses anciens condisciples. Il apparaît fin 2011 comme étant en position de retrouver son score de 2007, autour des 18 %. Mais il lui faudra gagner quelques points de plus pour accéder au second tour. Sera t-il le bénéficiaire par défaut de la lutte à mort entre N. Sarkozy et F. Hollande ?

Une exacerbation des tensions entre ces trois candidats qui pourrait également avoir une autre explication : la probable présence de M. Le Pen au second tour. Présence qui la condamnerait, en finale, de tenter de réaliser beaucoup mieux que son père en 2002, mais en aucun cas à pouvoir prétendre à la victoire. Il est d’ailleurs imaginable qu’elle ne soit pas favorable à cette perspective, en tout cas pas dès sa première tentative. Sa place et son avenir politiques sont certainement dans une opposition durable et une entrée remarquée au sein de la prochaine assemblée nationale, avec d’autres députés de son mouvement et peut-être l’œil bienveillant d’une partie de la droite actuelle. Mais son discours et son programme, compte tenu de la dégradation de l’emploi, de l’économie et des affaires qui ne manqueront d’alimenter la campagne, sera porté par les événements et devrait lui permettre de dépasser la barre des 20 %, et peut être même de virer en tête. Au 1er tour de cette élection présidentielle.

Une perspective qui désignerait donc l’autre finaliste comme le futur président de la République Française ! Voilà qui ne risque pas de calmer les esprits de chaque équipe en lisse.

Il est donc de plus en plus urgent, pour ces trois candidats, de bien réfléchir au programme présidentiel qu’ils s’apprêtent à nous délivrer après les fêtes, et de la façon dont ils vont conduire leur campagne. Leur avenir politique en dépend, à tous les trois.

Patrick CORREGGIO

 


Un F. Bayrou révolutionnaire ?http://lecercle.lesechos.fr/presidentielle-2012/221141533/f-bayrou-revolutionnaire via@CercleLesEchos

 

Un F. BAYROU révolutionnaire ?

 

Les sondages indiquent, avant Noël, une remontée spectaculaire de F. Bayrou dans la course à la présidentielle 2012. Imaginons un instant que ce candidat l’emporte en mai prochain. Aujourd’hui, cette perspective est perçue, pour un grand nombre de français, certainement comme la victoire de l’immobilisme, du non-événement, pour tout dire, comme un retour à la 3ème république.

Mais rappelons-nous les derniers occupants du poste. Qu’avaient-ils de révolutionnaires, avant d’accéder à « la fonction suprême » ?

Qui percevait F. Mitterrand comme un révolutionnaire, battu de peu en 1974, puis élu en 1981 et en 1989 ? Bien peu de ceux l’ayant connu le qualifiaient de révolutionnaire. Et pourtant, un certain 10 mai 1981, nous entendîmes le peuple chanter haut et fort l’Internationale ! Pour ma part, les circonstances ont fait que le 11 mai 1981, je travaillais dans une industrie de grande renommée. Ce jour là, pas un sourire, pas une tête qui ne soit courbée au point de toucher le sol dans les couloirs, pas un seul qui ne se serait autorisé à plaisanter, je vous l’affirme. Il faut dire que la partie de la population la plus conservatrice avait craint qu’avec ce nouveau président de la République, des chars russes ne viennent châtier les bourgeois et punir les « contre-révolutionnaires ». Et quand vous fabriquez un matériel militairement sensible, devoir confier les clés à l’ennemi … D’ailleurs, un peu plus tard, le fiston du patron allait prendre en main les manettes de l’entreprise et devenir, trente ans après, par l’entremise de son journal, le plus grand pourvoyeur de tracts quotidiens à la gloire du président et du gouvernement actuels ! Il y a des traumatismes dont on ne se remet pas !

Bien sûr, F. Mitterrand réalisa ce qui est encore aujourd’hui perçu comme de très grandes avancées sociales : fin de l’ORTF, abolition de la peine de mort, et quelques autres. Mais était-ce vraiment révolutionnaire ? Peut-être que oui si l’on veut bien imaginer la grande difficulté que nous aurions aujourd’hui pour accomplir des actes politiques sensibles dans l’opinion.

J. Chirac suscita également lui aussi un grand enthousiasme. Il faut se rappeler que le thème de la fracture sociale, réalité française millénaire et plus, avait réussi à convaincre au-delà même de son électorat habituel. Il ne fit pas grand chose que nous n’ayons aujourd’hui à en payer le prix, mais pas vraiment moins non plus que son prédécesseur, s’il l’on excepte les deux premières années de présidence socialiste. Douze années, l’un comme l’autre, à présider mollement, c’est à dire en pensant avant tout à sa réélection et à ses proches. Bien sûr, avec du recul, nous pouvons nous dire que le logement à Paris, locatif ou en accession à la propriété, n’était pas aussi inaccessible qu’il ne l’est aujourd’hui, avec une mairie composée de parisiens « de gauche ». Des bobos moins révolutionnaires que J. Chirac, finalement ?

Et que penser du successeur de J. Chirac, le très révolutionnaire N. Sarkozy. Celui qui devait tout chambouler, faire entrer la France dans la modernité, remettre le travail au cœur des valeurs essentielles du pays. Renvoyer tous ces apparatchiks, ces énarques, tous ces nantis qui vivent aux crochets de la République pendant que d’autres produisent et se lèvent tôt le matin pour gagner leur croûte ! Depuis le Fouquet’s, c‘est à dire depuis le soir même de son élection, l’ambiance révolutionnaire fût particulièrement plombée. Mais bon, le quinquennat n’est pas encore terminé. Et la campagne pour un éventuel suivant ne fait que commencer.

Alors, F. Bayrou, plus ou moins révolutionnaire que ses prédécesseurs ? Difficile d’être moqué par le PS ou l’UMP là-dessus. Même si, faut-il en convenir, l’idée ferait plutôt « mourir de rire », comme disent les jeunes. Mais après tout, imaginons la gagne et la suite des événements. A commencer par les législatives de juin 2012. La défaite des autres candidats, notamment celle de N. Sarkozy, de F. Hollande ou même d’E. Joly, précipiterait leurs partis politiques dans un beau foutoir - idée révolutionnaire s’il en est - n’en doutons pas. Ce serait une sacrée secousse nationale et peut-être le début d’une recomposition politique et « idéologique » de pays. Même si cela pourrait profiter, dans un premier temps, aux extrêmes.

Et puis, si F. Bayrou était « au-dessus de la mêlée » ne serait-ce que quelques mois, il pourrait peut-être modifier les us et coutumes qui régissent fortement un pouvoir politique basé sur le modèle de la magouille, petite ou grande, que l’on nomme généralement système D, avec une grande fierté nationale. Nous pourrions attendre du nouveau président une remise à plat salutaire de toutes ces pratiques qui ruinent jour après jour notre démocratie. Cela serait une grande conquête collective pour un peuple latin, que de sortir des passe-droits systématiques, des tractations pour obtenir qui un emploi ou un logement, qui une place en crèche ou dans un lycée public … Après cela, si F. Bayrou était encore ce « béarnais au cœur vaillant », quelques réorganisations, peut-être en matière de gouvernance, ou des liens qui unissent les leaders de l’économie nationale avec les élus, ou … et hop, nous aurions peut-être élu, sans y penser, le plus grand révolutionnaire que la France ait connu depuis bien longtemps. Révolutionnaire dans une démocratie, cela s’entend.

 

Patrick CORREGGIO

Avant la crise, profitons-en pour aller faire du ski !


Des milliards de milliards de milliards de … connexions permanentes. Des dialogues permanents. Et les dieux décidaient de tout.

- Tu peux prendre mes ouailles, j’ai réservé une semaine au ski ? Dit dieu à dieu.

- Veinard, tu vas où ?

- J’ai un plan. Trop top, ces pistes des sommets éternels ! Dit-il tout excité.

- T’as combien de connexions en ce moment, toi ?

- Des milliards de milliards. Et toi, avec ta Terre ? S’informa t-il, inquiet.

- Sept milliards en vie, des centaines de milliards relogés dans les deux dortoirs, le chaud et de froid, et tous ceux d’avant les hommes. Ca commence à faire ...

- La vache, tu dois être surbooké. Tu vas pouvoir ? Tout d’un coup perplexe.

- Faut bien s’entraider, entre dieux. Fais gaffe sur les pistes, faudrait pas qu’on te reconnaisse, ça ferait encore du grabuge, comme moi l’autre fois, tu t’rapelles, y’a deux milles ans, dit-il mi rigolard, mi gêné.

- T’inquiètes. Là-bas, y sont pas chiants. Tu paies et c’est tout. Te d’mande pas tes papiers. Faut juste rien dire. Tu m’téléphones si ça chauffe, hein ? N’hésite pas.

- OK. J’te laisse. Une bombe vient de péter. J’en ai mille qui montent d’un coup. On s’rappelle. Amuse toi bien et rentre avant la crise, si tu peux. Quand ça pête, dans ces moments-là, c’est vraiment galère. Tu te rappelles, la dernière fois ? Bye, Bye.

Au début, il y a environ deux millénaires, ce ne fut pas facile de croire qu’un être, quelque chose d’impalpable venue d’on ne sait où, ait pu créer la Terre, le système solaire, le cosmos, les univers. Et en plus, il fallait se convaincre que cette chose imperceptible, et innommable, cet « être », était le créateur de tout ? Qu’il - ou elle - avait tout décidé, tout su depuis le début et jusqu’à la fin des temps. Qu’il - ou qu’elle - était toujours active à ce jour et distribuait ici et là les bons points, les punitions à sept milliards de personnes au même moment. Sans compter les précédents, en résidence surveillée, et peut-être tous ceux à venir.

Les dinosaures, même avec un tout petit cerveau, se sont-ils comportés de la même façon ? Avec des dieux en forme de dinosaure et des idées de dinosaure.

Et, cerise sur le gâteau, peut-être la « bombinette » sur la planète, c’était que toutes ces choses, tous ces dieux, avaient dûment certifiés des représentants sur Terre. Et peut-être ailleurs ! Et que ceux-ci organisaient comme à leur désir le quotidien des humains. Des demi-dieux, en quelque sorte !

Les grandes idéologies tombent. Et chacune à partir de son propre discours. Les autoritaristes se montrent d’une fragilité insondable en justifiant tout et son contraire par le respect intransigeant de la parole de leur dieu, qu’il s’appelle Marx, Mao, Dieu ou autre n’y change rien. Les pro-capitalismes s’arrogent tous les monopoles, certainement par défiance envers toute forme de concurrence. Et les socio-démocrates reprennent à leur compte toutes les insuffisances des uns et des autres : la logique des marchés tout puissants pour développer l’économie globale, le fonctionnariat comme mode ultime d’une organisation du travail efficace et transparente, la religion comme fil rouge des programmes. La démocratie comme une fin en soi, et non un moyen moins mauvais que les autres, à ce jour. D’autres options plus ou moins mystiques apparaissent sur les décombres de ces grandes tendances.

Les fous ont ceci en commun, ils croient en leurs propos. Au moins le temps de parvenir à leurs fins.

Mais en politique comme en religion, peut-être que le pire est de ne pas pouvoir changer de représentant du vivre ensemble. Religion veut dire relier les êtres entre eux. Et la politique n’est rien d’autre également qu’une tentative de cogestion des êtres entre eux. Quel que soit le programme ou l’individu, le plus important est que celui ou celle qui gouverne ne s’incruste pas. Le pire n’étant jamais sûr, le seul programme convenable doit préciser la date de fin et le renouvellement des têtes. Comment résister à tant de pouvoir, de fric, de mandants ? Alors, le mieux serait d’en prendre acte et de s’y tenir. Idem pour les dieux, et surtout pour leurs représentants. Quand on pense que le dernier programme connu par les grandes religions avait noté que la femme n’est pas l’égale de l’homme, on comprend mieux la nécessité d’en changer et de l’adapter.

Pour les croyances religieuses, scientifiques, humaines, … de celles qui relient les humains, idem. Sciences dures, moles, croustillantes, balbutiantes, … Quand l’une d’entre elles devient hégémonique, le pire est à craindre. L’inquisition guette. Alors que chaque croyance prise séparément, sur un temps et sur un espace déterminés, représente une vie nouvelle, un foisonnement d’idées, une place pour chacun. Un enrichissement temporaire et souvent utile à l’ensemble, jusqu’à ce qu’elle ne s’institutionnalise et ne pense plus qu’à grossir, s’étendre et tout accaparer pour durer.

 

- Salut, alors, comment ça c’est passé pendant mon absence ? Dit dieu à dieu.

- Correct, pour l’instant, que des fêtards à recevoir, la routine quoi !

- Et toi, c’était comment sur les pistes ?

- Sympa. Mais j’ai du mal à m’habituer à cette neige depuis qu’ils ont mis tous leurs cannons à neige. Va me falloir du temps. Bon, j’vais reprendre le boulot, maintenant. RAS ?

- Si, j’ai un peu changé ton rangement. J’ai pas compris comment t’avais classé ? Y’en avait en famille, d’autres par village, là par idées. Certains voyaient les mêmes pour l’éternité. J’ai appliqué un rangement démocratique. On peut choisir ses voisins, son époque : imagine un peu, avec un issu de la préhistoire, une de l’antiquité, un autre du Moyen-âge et une follette de l’inquisition. C’était une vraie galère dans ce malstrom. Puis pour parler gonzesses, sur quels critères pouvait-ils s’entendre ?

- Ah toi, avec tes idées modernes, bientôt, tu vas nous remplacer par une femme, si ça continue. On verra ça avec les élus du personnel. En tous cas, merci pour tout, c’était vraiment sympa.

 

Patrick CORREGGIO

 

Le temps d’une vie. Et d’une élection.

 

Les connaissances scientifiques à ce jour confirment l’existence de la planète Terre depuis environ 4,5 milliards d’années. Ces mêmes scientifiques estiment qu’un rayonnement du soleil est possible pour encore approximativement 4,5 milliards d’années. Sauf à rêver d’une vie sans soleil, nous aurions donc atteint la moitié des neuf milliards d’années d’existence de la vie sur Terre.

Bien entendu, toutes ces données sont aléatoires et peuvent être réactualisées à tout moment. Chaque avancée scientifique infirmant ou confirmant ces chiffres. Cela nous conduit à être très prudent, scientifiquement parlant.

Nous connaissons à peu près deux ères sur Terre où la vie s’est manifestée, et avec deux espèces d’êtres vivants dominants : les dinosaures et les hommes.  Une centaine de millions d’années pour les premiers, 30 à 100 000 ans pour les seconds, suivant le point de départ considéré. Certains Livres Sacrés annoncent la création de l’Homme depuis 4 000 à 5 200 ans. Cela est une simple affaire de lecture de l’histoire du monde et des hommes, mais l’idée générale ne change pas : les dinosaures n’ont plus voix au chapitre depuis le 27 juin après-midi. Venus avec l’été, un 21 juin, ils s’en allèrent moins d’une semaine plus tard. Trop chaude déjà, la Terre ?

Pour mieux mesurer la situation, faisons le choix de modifier l’échelle afin de la rendre lisible et accessible aux communs des mortels. C’est comme avec le salaire des P.D.G. des grandes entreprises ou avec la dette des pays dits développés, mieux vaut ramener les sommes en années de salaire d’employés, en nombre de voitures à acheter ou en kilos de chocolat à se bouloter aux fêtes de Noël, d’ici quelques jours, pour comprendre l’étendue du trésor ainsi accumulé par quelques individus ou bien l’énormité de ce que devra payer le vulgum pécus, à un moment donné.

La comparaison parle quand nous nous représentons une année pour 9 milliards d’années. Epreuve rapide pour bien se mettre dans le coup : 9 milliards d’années = 365 jours. 1,6 million d’années, l’histoire des dinosaures = six jours et demi environ. Un jour = à environ 24,6 millions d’années. Un million d’années = une heure. Une minute = 16 667 années. Les élèves préparant leurs examens peuvent recalculer et communiquer leurs résultats à la commission européenne chargée de la validation des contes (!).

Partant sur cette autoroute à deux voies, l’homme a quelques minutes d’existence. Cinq pour ceux qui nous font remonter par l’arbre au singe. 15 secondes pour certains Livres Sacrés. A rapporter à une année de vie sur Terre, il n’y a pas de quoi en faire tout un flan, de cette vie sur terre !

Actuellement, la moyenne de durée de vie pour chaque être humain est autour de 86 ans. Et franchement, ce n’est pas cinq ou dix ans de plus ou de moins qui changeront de façon significative l’affaire. Résultat des courses, notre passage sur Terre est, dans le meilleur des cas, d’un tiers de seconde. Ceux qui, vers les 27 - 28 ans, se tuent en voiture ou font une overdose auront eu droit à un dixième de seconde. Quant à ceux qui se choppent un cancer vers les 57 ans, ils auront eu le compteur bloqué à un cinquième de seconde.

Si ces calculs sont justes, nous serions donc, en cette fin d’année 2011, fin juin, début juillet. Voilà qui nous réchauffe un peu. Juste pendant la saison chaude. Pas vraiment le meilleur moment pour travailler d’arrache pied !

Tout s’explique donc : le réchauffement de la planète, l’énervement des populations, la lassitude et l’inquiétude des marchés ... Même nos jeunes ne veulent plus bosser. Et toutes ces bagarres. Avec le p’tit Nicolas qui s’agite beaucoup la nuit. A t-il bien pris ses laitages, et uniquement les siens. Carla, pourriez-vous vérifier en rentrant ? Notre bonne cousine germaine Angela un peu essoufflée par tant de surmenage. L’embonpoint ? Ho, ce n’est pas très gentil, nous oublions. Car David ronronne en rêvant d’une île déserte ! Ha, regardez ces paillards de François, qui après avoir bien profité de la vie, voudraient maintenant faire jouer les rejetons sur leurs bidous d’anciens dodus. Au centre d’une famille recomposée, en patriarches orthodoxes bienveillants ! Et cette Marine qui peine, quel cauchemar ! Certainement des moustiques qui l’affolent. Auriez-vous un produit ? Mais ne mélangeons pas tout, s’il vous plait, n’allez pas nous énerver l’Eva gothique. Elle nous ferait le coup de la fin du monde, pour un minuscule pesticide.

Plus que quelques minutes ou même quelques secondes avant le 1er juillet … Bonne année 2012. 

Au fait, sommes nous par une nuit de pleine lune ou par une nuit arrosée d’une pluie d’étoiles ?

 

Patrick CORREGGIO

 

Un cycle qui va toujours de la création jusqu’à la destruction ?


Comme tous les vieux de plus de trente ans, vous avez peut-être récemment tenté de vous mettre à Twitter après avoir essayé Facebook, le téléphone portable, le Smartphone - terminal de poche -, la tablette tactile et prochainement de vous mettre à … Cette pratique du « réseau social » et de ses outils est devenu difficilement contournable, sauf à n’avoir ni boulot, ni enfants, ni vie sociale. Et alors, vous avez découvert un environnement qui ne se laisse pas toujours facilement approprier.


La plupart du temps, quand vous commettez une erreur, la touche demeure inactive ou au pire, vous vous faites facturer un service que vous n’aviez pas sollicité, ce qui est déjà suffisamment désagréable. Novice en la matière, et pratiquant l’anglais comme tout français, donc bien mal, nous avons pris l’initiative de Tweeter il y a peu. Nous faisons de fabuleuses rencontres : envoyer un Tweet à un journaliste, à un artiste, à un politique, … Recevoir des « news » en s’abonnant. Peu importe si personne ne lit le Tweet ou si vous aviez déjà accès à ces mêmes informations sur l’écran de votre ordinateur.

Mais, dans la foulée, vous adressez un Tweet à quelqu’un qui ne le souhaitait pas. C’est tout à fait son droit. Au lieu d’avoir une touche inactive afin de vous éviter de gêner cette personne ou de recevoir un message vous informant que cela n’est pas faisable, vous êtes « suspendu » ! Faute, carton jaune si vous comprenez l’erreur que vous venez de commettre. Carton rouge si vous ne faites pas le lien entre la suspension et votre action.


Vous continuez avec la peur du gendarme chevillée au ventre et après quelques jours, vlan, de nouveau « suspendu » ! Un message en anglais doit certainement tout vous expliquer. Vous bidouilliez, tentez de réparer un truc donc vous ne comprenez pas l’origine du problème. Rien. Suspendu, expulsé, rayé, jeté hors du système. Et m… !


Cette façon violente de vous recadrer n’est pas sans vous alerter. Même si ce ne fut pas totalement facile, en peu de temps, vous avez su vous mettre à l’ordinateur et à Facebook sans trop de dégâts et surtout sans vous faire jeter. Moqué par vos proches, mais pas plus. Pas comme un gamin qui se fait gronder une fois et la suivante, hop, chez le dirlo et renvoi de l’école !

Vous mesurez que la génération qui a bénéficié du progrès après la guerre a eu – éduqué, pardon - des enfants choyés puisqu’ils purent évoluer socialement, économiquement, culturellement par rapport à la génération précédente, et en paix. Puis ceux-ci ont eu une protection sociale, des écoles, une maison et des enfants qui ont été gâtés, car leur route était tracée vers l’évolution, considérant normal d’avoir tout dès la naissance.

Et ces enfants gâtés et bien, quelle que soit leur situation, il semblerait bien qu’ils nous aient fait des enfants tyrans. Et là, vous comprenez que Twitter est l’enfant de Facebook ! Mark Zuckerberg, qui est né en 1884, a créé Facebook en 2004. Jack Dorsey, bien que né en 1976, a créé Twitter en 2006.


Vous ne saviez pas mettre un mot sur toutes ces situations que vous subissiez depuis déjà quelques années. Peut-être aviez-vous été surpris par le comportement d’un de vos petits-enfants, par exemple, quand il fait montre d’une extrême intransigeance avec le chat et vous traite - avec le sourire - de méchant quand vous lui demandez de mettre la table ou de faire ses devoirs. Une dissonance remarquable entre son incapacité à recevoir une demande, même mineure, et sa capacité à exiger tout de vous ou d’un animal, par exemple.


Si vous êtes enseignant ou formateur, dirigeant ou cadre - qui encadre des équipes multiformes -, vous avez peut-être vécu ce type d’expérience. Comme si cette nouvelle génération, ni mieux ni moins bien qu’une autre, avait une particularité : tout exiger des autres, n’accepter aucune frustration. Nous pouvons les solliciter si notre fournisseur d’accès Internet nous arnaque ou si notre voisin parle trop fort dans l’escalier. Ils ont les mots, la force, l’autorité pour cela. Et si vous leur expliquez que parfois, les êtres humains ne sont pas tous altruistes, partageurs et bienveillants, ils vous diront, l’âme en peine, que c’est déguelasse pour les plus grands ou que « ça ne se fait pas », pour les plus petits. Et ne soyons pas lâche, si c’est le cas, c’est bien de notre responsabilité.


Et oui ! Au travail, si vous voulez voir un de ces jeunes quasiment en transe, près à vous sauter dessus, la sueur perlant au front, faites-lui une remarque sur son retard ou le temps qu’il passe à téléphoner à ses copains, par exemple. Terrifiant ! Mais si vous prenez deux minutes avant de répondre à une de leur demande, vous êtes le dernier des derniers. C’est souvent vous, l’employeur, l’éducateur, qui êtes le premier adulte à leur donner un ordre, à leur poser une contrainte, ou ne pas passer tout votre temps à leur dire qu’ils sont les plus beaux, les plus forts. Sans cœur, vous êtes !


C’était peut-être déjà le cas quand Hitler, Staline, Mussolini, Franco arrivèrent au pouvoir ? Ne serait-ce finalement qu’un cycle normal ? Une génération qui souffre pour s’en sortir, la suivante qui progresse – et qui crée des entreprises - , l’autre qui développe – l’entreprise – et profite des « acquis » et la dernière qui ne voit plus le sens du patrimoine acquis et le dilapide.


Il y eu les « trente glorieuses » et la création de l’Europe, les enfants de cette génération continuèrent à prospérer, puis la génération suivante, poussée par la précédente, considéra tout cela comme normal et s’engouffra dans un endettement massif. Et maintenant, le retour du bâton ? L’autoritarisme et rebelote ? Bon, nous nous énervons. Ce n’est qu’un souci de connexion sur Twitter. Mais quand même, ça nous a échauffé, que tous ces jeunes nous parlent si mal et nous rejettent comme ça ! 

 

Patrick CORREGGIO

 

Vers des démocraties liberticides ?


Cette présidentielle française 2012 expose des programmes qui fleurent bon une privation de liberté pour tout ou partie de la population. En cela, ses desseins rejoignent pour beaucoup ce qui s’affirme un peu partout en Europe du sud ces dernières temps.

La définition d’une démocratie est l’exercice du pouvoir par le peuple. Les peuples aspirent-ils à se priver volontairement, ou inconsciemment, d’une liberté si chèrement acquise ? La démocratie est-elle un mode de gouvernance à ce point difficile ?

Quelles que soient les raisons que nous pourrions invoquer : rejet de représentants inconséquents, peur de l’avenir, incapacité à assumer la réalité, … Nous savons tous qu’il faut des décennies pour construire et gagner la paix et la liberté, et seulement quelques instants pour tout perdre.

Reprenons pêle-mêle ce qui constitue l’essentiel des discours électoraux du moment : interdiction de licencier, interdiction de fabriquer ailleurs, interdiction d’être au chômage, interdiction de croire en une autre religion, interdiction d’aimer une personne du même sexe, interdiction de produire de la pollution, interdiction d’être français, interdiction de fumer, …

Chaque programme n’est qu’une longue liste d’interdits posés directement ou en creux, pour mieux protéger. Mais protéger qui, de quoi ? De vivre ?

Les grecs ne veulent plus subir ni leurs créanciers ni leurs élus. Les espagnols licencient leurs juges courageux et refusent d’entendre tout reproche, surtout pas qu’un des leurs ait pu tricher pour gagner. Les italiens continuent de bidouiller et de s’enfoncer dans la récession. Les portugais sont les prochains sur la liste des pays prêt à exploser, … Et nous ?

Peut-on raisonnablement penser que notre prochain président aura la légitimité suffisante pour imposer au pays des contraintes ? Les idées avancées aujourd’hui seront bien peu efficaces face à la dette, au déficit extérieur, au chômage, … Bien sûr, pour motiver les troupes, surtout quand on a peu de marge de manœuvre et que l’on a pas énoncé au préalable toutes les mesures d’austérité que l’on envisage, il est plus aisé de stigmatiser, de se trouver un ennemi, de déclarer une guerre, comme le font en permanence les régimes autoritaires. Mais avec quelles conséquences ?

Quand on emprunte cette voie, il faut toujours aller plus loin. Un peu comme avec une chaîne de Ponzi. Il faut en permanence trouver d’autres victimes, sinon vous sombrez. Quand vous avez commencé, vous ne pouvez plus vous arrêter qu’un moment de la chute, violente et destructrice pour tous.

Cette campagne démontre que les deux candidats qui réunissent le plus grand nombre de supporters, bruyants et passionnés, sont M. le Pen et J.L. Mélenchon. Et que pour gagner leur place au second tour, les deux favoris, F. Hollande et N Sarkozy, reprennent leurs idées, sans le moindre remord. F. Bayrou avait déjà repris à son compte le « construisons chez nous » et les écologistes sont devenus un parti d’extrême gauche supplémentaire.

De tout cela ne pourra sortir qu’un régime liberticide. Elu par le peuple. Et peut-être même avec beaucoup d’émotions. Comme peut-être partout en Europe du sud, très prochainement.

S’ils étaient encore là, J.P. Sartre justifierait certainement cet horizon en nous expliquant que tout cela, c’est pour la bonne cause, alors qu’il écrivait pourtant que “l’angoisse est le vertige de la liberté” et A. Camus serait vilipendé pour sa lâcheté de « petit bourgeois », mais nous rappellerait que pour lui, "la liberté n'offre qu'une chance d'être meilleur, la servitude n'est que la certitude de devenir pire.

 

Patrick CORREGGIO

 

Que nous apprend, également, la crise financière actuelle ?

 

La Russie se révolte contre Poutine. Ses opposants soulignent que l’état de déliquescence du pays et encore pire que sous la dictature communiste. Corruption, administration exsangue et totalement inefficace sauf pour agir contre le peuple à la demande du pouvoir, libertés entravées, … La liste des reproches au pouvoir central ressemble à s’y méprendre à ce que des opposants aux régimes Birmans, Chinois, Indiens mais également africains pourraient afficher.


La crise financière en Europe ne révèle t-elle pas une extrême fragilité des pays dont le fonctionnement est le plus proche des critiques faites aux pays cités plus haut ? Peut-on aborder cette éventualité sans pour autant se faire le chantre absolu des cultures germaniques ou scandinaves ?

La social-démocratie des pays du sud de l’Europe s’est construite « sur le fil du rasoir », ne l’oublions pas. La Grèce, l’Italie, l’Espagne, le Portugal avaient des régimes politiques et économiques basés sur l’autorité militaire, le populisme, la religion et le nationalisme. Entre « l’aventure communiste » et ces dictatures, la démocratie ne s’imposa qu’à la suite d’une domination économique et politique américaine, sous la pression, déjà, de la finance internationale. La France échappa à l’un et à l’autre de ces « modèles politiques», mais de peu, comme chacun sait. D’ailleurs, nous retrouvons à chaque élection ces deux pôles attractifs pour la majorité des français et qui s’entrecroisent continuellement : le nationalisme et l’étatisme.


Et si la crise actuelle n’était finalement que l’expression d’une social-démocratie non aboutie ? Ne serait-elle pas la victime d’un choix par défaut ? Si cette question induit une urgente réponse, c’est qu’une absence de réaction forte pourrait nous conduire à retrouver ces régimes autoritaires, de gré ou de force, comme chacun le pressent bien.

Et donc, dans cette perspective, il nous faut reprendre un à un les reproches pour les aborder avec la plus grande fermeté, quitte à prendre le risque d’une très forte impopularité temporaire.


La corruption. C’est certainement le modèle économique le plus répandu, à ce jour, sur la planète. De « l’argent sale » réintroduit dans l’ensemble de l’économie mondiale aux bakchichs pour décrocher un contrat, un service, une victoire sportive, … Rien n’échappe à ce mode de « lobbying ». Et plus insidieusement encore, pour obtenir un logement social, une place dans un lycée pour son enfant, un emploi à la mairie, un médicament, … La nouvelle Europe doit mettre toute son énergie pour définir en son sein des règles strictes et s’interdire de commercialiser avec tout pays qui ne respecte pas les règles édictées. Que le Luxembourg, la Suisse, Monaco, le Lichtenstein, et d’autres soient avisés avec la plus grande rigueur des nouvelles façons non seulement de commercer mais également de ne pas tuer les pays qui souhaitent fonctionner différemment. Après, si ce modèle prend forme, il sera toujours temps d’en convaincre les 200 autres pays. Nous savons tous qu’une telle décision serait ruineuse pour les pays qui s’y aventureraient seuls. C’est pour cela que l’Europe peut, et c’est déjà très aléatoire, s’imposer en définissant un territoire économique plus vaste qu’un seul pays ne pourrait le faire.


Une administration exsangue. Le modèle économique social démocratique s’est distingué du modèle communiste en privilégiant la liberté d’entreprendre. L’économie dirigée s’est totalement effondrée alors que la plupart des pays qui ont tenté de mettre en œuvre ce principe disposaient de ressources naturelles immenses et de peuples dociles. Une économie totalement libérée s’effondre actuellement sous nos yeux. Que peut-on noter dans l’organisation administrative de la Grèce, de l’Italie, de l’Espagne, du Portugal et certainement de la France ? A l’analyse, nous prenons conscience qu’ici, les entreprises et les citoyens ne s’acquittent pas de l’impôts, que là, les fonctionnaires ont un autre emploi et ne se rendent que rarement sur leur lieux de travail, que les juges et la police s’activent essentiellement pour plaire à ceux qui décident de leur évolution de carrière, que les règles administratives ne s’appliquent plus dès lors qu’une entreprise propose de l’emploi, des avantages en nature ou un financement conséquent pour les partis politiques et les syndicats. Bref, que se système s’est lui-même tiré une balle dans le pied, et peut-être même dans le cœur. La décision qui pourrait remettre en ordre de marche les politiques publiques et ainsi retrouver une marge de manouvre économique serait de prendre l’initiative au niveau européen de privilégier un seul type de contrat de travail, le contrat de travail à taux plein, à durée indéterminée et de droit privé. Pourquoi ?


Il n’est guère possible de vivre de son travail salarié en 2011 hors un contrat de travail à temps plein et à durée indéterminée. Sauf situation particulière, le temps plein permet de subvenir à ses besoins de base et le contrat à durée indéterminée est souvent exigé pour obtenir un logement, un crédit, une inscription de son enfant la crèche ou autre. Un ensemble démocratique ne peut s’autoriser des distinctions entre ses citoyens, et plus encore dans l’accès à l’emploi.


Quels beaux combats à venir pour les organisations syndicales que de se battre au niveau européen pour définir des conventions collectives acceptables et justes pour tous : les salariés et l’intérêt public.

Quels beaux combats politiques pour l’ensemble des partis européens que de définir, dans un budget généré par l’impôt de tous et en équilibre durablement, ce qui relève du public et ce qui relève du privé.

Quels beaux engagements pour les salariés des services publics que de choisir leur emploi pour son objectif de service aux citoyens et non pour la seule sécurité de l’emploi.


Mais qui aura le courage politique d’affronter des peuples insécurisés et apeurés par une situation de crise financière et morale, des populations européennes tellement tentées de se reposer sur les épaules bien douces et chaudes des leaders populistes qui refont florès ?

Les libertés entravées. L’économie libérale comme l’économie dirigée ont ceci en commun, elles ont, par des chemins opposés, réussi à restreindre la liberté d’agir des citoyens les plus fragiles économiquement, culturellement et socialement. L’accès à l’éducation, à la connaissance, à l’information est nécessaire pour obtenir un emploi, un logement, un droit pour se défendre ou autre. Le capital se transmet. Et pas uniquement le patrimoine immobilier. Pourquoi les « puissants » obtiennent tout ? De bonnes écoles pour leurs enfants, de bons emplois pour leurs proches, une défense efficace en cas de procès. Chacun sent bien que c’est cela, réussir sa vie sociale. Et que être un citoyen comme les autres, il faut accéder à une liberté d’agir qui ne s’acquière pas facilement quand ses parents n’y ont pas eu accès ou n’ont pu transmettre la méthode, la culture, la force nécessaire. Pas de coupables à désigner. Seulement un système à reconsidérer avant que le sentiment d’impuissance ne se transforme en la seule liberté qui soit : celle de tout détruire, même contre ses propres intérêts factuels.

Ne sait-ce donc pas cela, le premier apprentissage à faire de la crise financière européenne actuelle ?

 

Patrick CORREGGIO

L’union nationale

 

Pratiquement chaque candidat à l’élection présidentielle 2012 en appellent à l’union nationale, derrière lui, pour vaincre la crise financière et surtout ses conséquences dramatiques, actuelles et à venir, concernant le marché de l’emploi, l’industrie locale, les valeurs, le budget de la nation, … Bref, pour sauver la France, tous derrière mon panache blanc !

Nous serions donc en guerre. Contre qui ? Les marchés et plus globalement l’économie libérale ? D’autres pays ? Des terroristes seraient-ils en vue ?

Au-delà de la simple rhétorique, ce type de programme électoral laisse songeur, pour le moins. Bien sûr, pour se présenter à l’élection présidentielle, tous les spécialistes du psychisme l’affirment, il faut avoir un égo surdimensionné. Que chaque leader se prenne pour un individu hors pair, cela fait parti du « profil psychologique type » du candidat putatif. Mais que ce thème de campagne remplace quasiment toute engagement programmatique, il y a de quoi être intrigué par ce qui ressemble fort à un cache-sexe.

Premièrement, parce que ce discours souligne, en creux, qu’aucun parti politique n’a la capacité de gérer le pays. Nos élites n’auraient donc plus confiance en leurs militants, en leurs valeurs, voire en leurs dogmes ? Quand on sait qu’elles gouvernent depuis de nombreuses décennies le pays, nos villes, nos départements, nos régions, en imposant à chaque « conquête du pouvoir » leurs convictions et « leurs équipes », nous voilà encore plus perplexes.

Deuxièmement, parce que « l’ennemi » n’est pas nommé. Comment le combattre alors ? Et comment savoir sur quel accord de gouvernement cette union nationale s’opérerait ? Se regrouper pour faire quoi ensemble ? Avec quelle majorité ? Le saurons-nous avant les législatives, qui doivent désigner les représentants des différentes tendances politiques sensées collaborer pendant cinq années ?

La dernière fois que cette antienne fut employée, c’était, sauf erreur, par le général de Gaulle, au lendemain de la seconde guerre mondiale. On peut le comprendre. D’autant plus que durant le conflit, les françaises et les français, toute tendance politique, religieuse et économique confondue, avaient parfois lutté pour la France avec une certaine distance, et même pour quelques uns avec un certain zèle vis à vis de l’armée étrangère qui dirigeait alors le pays. Qu’il ait été malin de ne pas stigmatiser tel ou tel mouvement politique pour recouvrer rapidement une concorde civile était compréhensible, dans l’accession au pouvoir. Aujourd’hui, on peut mesurer qu’à ne pas avoir eu le courage de réaliser un aggiornamento au sortir de cette désunion nationale, cela conduit les héritiers des partis les plus ambiguës d’il y a 65 ans avec l’union nationale à se réclamer sans cesse plus français que les autres et à se revendiquer seuls habilités à distribuer en 2011 l’attestation de « bon français » à l’ensemble de la population.

Plus proche de nous, les récentes péripéties électorales ne nous ont pas démontrées une farouche volonté de partager le pouvoir, même quand celui-ci fut acquis avec une faible adhésion nationale ou locale pour ses idées.

J. Chirac fut élu en 2002 avec 80 % des voix, dans une forme d’unité nationale contre un parti politique extrémiste, mais ne laissa pas la moindre parcelle de gestion des affaires publiques à ses adversaires politiques. La gauche auparavant remporta un très grand nombre de villes, de départements et de régions grâce à des « tripartites » contre là aussi ce même parti politique extrémiste, et ne partagea pas non plus son pouvoir local. Alors, pourquoi demain serait-il différent ?

La campagne, bien nommée peut-être, ne fait que commencer. Nous sommes avides de comprendre en quoi et comment l’union nationale serait la mère de toutes les réponses aux immenses difficultés qui s’amoncellent pour la France et les français. Et pourquoi en rassemblant tous ceux qui nous gouvernent séparément depuis si longtemps, le mixage de leurs idées et de leurs troupes produirait le prototype du savoir-faire « made in France ». Espérons que cela ne cache pas une inquiétante absence de projets et de capacité à les mettre en œuvre.

 

Patrick CORREGGIO