Fragments Poétiques


Masse Cas Rade

Loin de moi l'idée d'un hasard peu enclin

À me donner des chances que je ne peux percevoir

Alors pourquoi attendre qu’arrive demain

Quant au présent j’ai la possibilité de pouvoir?

 

Emporté par mon élan et prisonnier de l'invisible

Je suis tiraillé par ce que l'on appelle l'impossible

Je peux croire et penser que je suis en liberté

Parce qu'aux alentours, je ne vois pas de geôlier

 

Le visage masqué pour bien s'adapter

Préfère par peur paraitre au lieu d'être

Ainsi suis-je l’ennemi de l'humanité ?

Il n’y a que le cœur comme vérité peut être...

NILLAS


Con Science


Entre le ciel et la mer, entre les astres et la terre

Les questions arrivent par flots, la vie se meurt d'hésitations

De l’humanité en ma possession mes pulsions sont éphémères

L’accumulation d'actes manqués en est la preuve, la raison

 

En cette période d'instabilité où toute défense est brisée

Toute armure est tombée, nait une impression de nudité

Dans une oraison mélangeant la douceur de la fleur

Et  la sensibilité du frisson, vint la création de la peur

 

Loin des lumières artificielles, quand se couche le soleil,

Avec mon âme spirituelle, je ne peux me sentir seul

Une ribambelle d’étoiles m'interpellent et m'émerveillent

De l'amour de l'être humain, je dois faire le deuil

 

Nillas


 

Place des filets
à Trentremoult
Le soleil se pose 
trois amis s'y promènent 
tout chose
reflet d'un ciel serein 
l'eau-miroir aux couleurs tendres
les lumières de Nantes au loin
au détour d'un sourire pourtant
nos trois amis traversent le temps
les filets des pêcheurs 
sèchent sur les bords de la Loire
'la soupe est servie' crient les femmes 
les enfants laissent tomber leur jeu 
et s'enfuient en courant 
les hommes près des filets 
grillent une dernière sèche
dans ce mouvement du soir
les bruits se taisent
le soleil se dissout
trois amis sont passés
la lune paraît 
à Trentremoult
Place des filets  
 
 

Christine Carbonnier, le 16 mars 2014

 

 


Le monde et ses dérives

 

Prise de conscience tardive, sur ce monde et ses dérives

Trop de regard s’esquivent, sur tout ce qui arrive

Devant le drame qui s’écrit, Personne ne réagit

On est sourd face au cri, voila ce que j’en dis

 

De l’Asie a l’Afrique en passant par l’Europe

De l’orient aux Amériques les cultures s’entre choquent

Les bombes remplacent la pluie, Le feu remplace la nuit

Tandis que la mort prend des vies, Tandis que le paradis se remplit

 

Depuis la nuit des temps ça ne fait qu’empirer

L’homme a appris à maîtriser la mort sans difficulté

Avec des massacres, des génocides, des assassinats

De la Russie aux USA, de la chine au Rwanda

 

C’est insoutenable, de savoir les horreurs inimaginables

Que l’homme lui-même a pu infliger à tous ses semblables

Comment avons-nous pu être capables d’actes aussi méprisables

Est-ce que les ficelles sont-elles vraiment tirées par le diable ?

 

Ou peut être Par se coté obscur de l’humanité

Qui fait qu’on peut  Se déshumaniser pour s’exterminer

Le sang ne cesse de couler, la violence d’augmenter

La haine et la cruauté n’arrêtent pas de se développer

 

Ces sentiments tels des maladies, des épidémies

Se répandent, se propagent sur beaucoup trop de vies

Voyez les attentats dans le monde, la preuve se fait à chaque seconde

La folie se transforme en bombe, toujours des innocents qui tombent

 

Et après on me dit que c’est le monde qui ne tourne pas rond

Pourtant toutes les choses immondes ce sont des hommes qui les font

On fonce droit vers l’enfer, si on n’y est pas déjà

Le paradis c’était sur terre, on a trop fait de dégâts

 

Les hommes sont à bout, les bombes pleuvent de partout,

Devant la violence des coups, la paix est mise à genoux.


Combien de larmes vont couler, combien de morts enterrés,

Combien de cœurs brisés, combien de vies déchirées

Faudra t’il pour qu’un jour tout ça puisse enfin s’arrêter

Et que les êtres humains vivent ensemble dans le respect et la paix

 

Nillas

 


L'étrange ère que voilà 
 
L’étrange ère
que voilà 
les hommes libres vivent dans des prisons 
et ceux qui ne le sont pas ont un vaste horizon
à côté de ceux qui ont trop
il y a ceux qui n'ont plus rien
ni santé, ni famille, 
sans logis, sans manger
leur sourire pour unique bastion
 
l’étrange ère
que voilà 
où les loups sont lâchés
Elle est prise au piège
s'en va acceptant d'être ainsi dévorée
se donnant à la vermine, 
c'est un pan de l'histoire
où s'égrainent et s'éparpillent
les cultures, les savoirs
 
l’étrange ère
que voilà 
l'ignorance et l'oubli prennent place
les erreurs du passé habitent les champs
et poussent des cœurs de pierre
qui refusent même les miettes d'antan 
et d'un revers de mains
font disparaître
le bon et véridique chemin
 
l’étrange ère
que voilà 
qui s'instruit à présent ?
qui écrit de nos jours ?
qui parle juste aussi ?
qui veut encore être sage ?
lorsqu'Elle dépose les armes
c'est l'âme des humbles 
offerts sur l'autel
 
l’étrange ère
que voilà 
paradoxe de ce temps 
qui mélange tout et n'importe comment
les extrêmes se rejoignent 
et tombant dans l'oubli
c'est la fin d'une époque
de ce que réellement signifiaient
liberté, égalité, fraternité
 
l'étrange ère 
que voilà
à vous mes enfants de la terre
j'ai encore la force d’écrire
puisque je ne peux crier 
tout l'amour qui m'habite 
et voudrais encore vous donner
n'oubliez pas cette histoire
celle de nos anciens
 
l'étrange ère 
que voilà

généreux et modestes
s'arc-boutant sous le poids 
du travail et des ans
pour la bonne cause
ils luttaient
pour l'amour de leurs prochains
jamais n'abandonnaient
 
l'étrange ère 
que voilà

et quand la bataille faisait rage
d'efforts redoublaient 
ils inventaient chaque jour
une vie de joie et de chants
au milieu des détresses
apportaient un bouquet de violette
et nous réchauffaient d’un sourire
 
l'étrange ère 
que voilà

rejetant le futile 
et toujours sur leur garde
ils ne laissaient pas le médiocre
l'avare, l'orgueilleux 
ou même le voleur  
prendre les rênes 
destin atrophié des générations à venir
 
l’étrange ère
que voilà 

non mes enfants de la terre
n'oubliez pas ce qu'ils disaient
avec prudence et raison
apprenez qu'ils disaient
à lire et fabriquez
le bon sens 
en toute saison
 
l’étrange ère
que voilà 
les anciens doivent revivre 
par vos actes futurs
ne laissez pas la mollesse gagner 
les efforts passés ne seront vains
si s’accomplit enfin
la bonne nouvelle
d’une terre bien vivante et en paix
 
si l'étrange ère 
que voilà
vous déçoit
pensez à celles 
qui ne décevaient pas 
faisant rêver les progénitures 
à une vie meilleure
 
l’étrange ère
que voilà 
posez-vous la question
qu'en est il maintenant 
si chacun pense à soi
où vont les enfants
dans ce monde imprudent 
négligeant les causes justes 
et prônant les mauvais tourments
 
étrange ère
que voilà 
les laisseras tu se débattre
sans les aider un instant 
à connaître le Gardien de tous les temps
les aideras tu à croire 
qu'un jour meilleur peut encore se lever 
et ramener à la Vie 
tous ces enfants chéris 
qu'en ce factice et virtuel présent
la lumière éclaire
l'étrange ère 
que voici

Christine Charbonnier, le 07 mars 2014

 

"Vous suivez les rails d’un chemin de fer
Trépidant des montagnes aux vallées s’arrêtant
Quand je marche les pieds nus dans un sableux désert
Recueillant les creux vides d’un soleil tout blanc

Vos paysages sont des milliers de feuillages
Agitant mille mains et pas moins de visages
Quand les miens naissent d’improbables mirages 
L’harmattan les soufflant au dessus des nuages

Saurons nous sauver ces deux mondes
Je m’interroge souvent
Pensez vous de même de temps en temps 
Dussions nous parcourir mille lieux à la ronde

Ces deux mondes que dis-je
s’affrontent pourtant
L’un détenant l’image
L’autre le rire des enfants
Qui de nous deux saura 
Tendre la main vers l’autre
Pour ouvrir la voie de l’apôtre
Ainsi la paix en nos cœurs sera..."
Christine Carbonnier, le 22 janvier 2014

Le luberon autrement

Véronique ADEL, Photographe - Lacoste

Une série de textes poétiques sur le Luberon, une terre que j'aime particulièrement. J'expose un partis-pris qui dépeint la réalité de ce territoire et le charme de ses pentes escarpées et de ses pierres.


Des photographes participent à l'illustration des textes en images : Véronique Adel, David Paquin et Régine Desvois.

 

Corinne P-C, le 01 mai 2012

Véronique ADEL, Luberon
Véronique ADEL, Luberon

 

 

L’écorce du temps

 

Il y a des terres où le temps demeure insoumis à l’invraisemblance des saisons. Serait-il à la recherche d’un alibi, ou singe-t-il la monotonie de l’oubli, creusant dans son sillon des tertres et des murets de pierres. A la croisée des chemins, le passager ou le voyageur itinérant poursuit la via Domitia sans redouter les présages des légendes sanguinaires d’un pays désenchanteur. La marche initie un récit intérieur, une gorgée étrangement pleine de mots errants qui résonnent entre les parois des gorges du Régalon.


Au clair du jour des brumes écrêtent la profondeur des lignes de l’horizon. De ce nuancier en demi teinte, le ciel étire des nuages pommelés ou en balayure, changeant ainsi la pliure des courbes de l’adret du petit Luberon. D’un coup de théâtre, des diablotins incertains redessinent la colère des cieux, traçant ainsi des pentes, des contre pentes des rangées de vignes ciselées et de cerisiers blancs de fleurs. La lumière guette le paysage se livrant à la sensation ivre des espaces boisés de genévriers et d’acacias d’un vert printanier, dans une discontinuité intemporelle. Sans doute, les grillons n’ont pas tord de battre la chamade dans les herbes échevelées et les fleurs de tournesol désabusées. Aux aguets d’un songe de soleil d’été, ils entonnent un chant amoureux, qu’ils livrent sans la moindre pudeur.

CPC, 2009

 

Véronique ADEL, Photographe - Lacoste

Véronique ADEL, Recherches triple nuage
Véronique ADEL, Recherches triple nuage

 

 

Recherches triple nuage

 

Un deux trois.

Triple jeu d’un grand échiquier : bleu blanc, blanc bleu, Bleu blanc.

Bleu azulis d’un ciel d’hiver, un ciel pur qui ose la lumière. Un jeu de regards croisés entre ciel et terre, entre toi et moi. Les mots esquissent l’illusion d’une vague poursuite du temps dans la ronde des nuages. Sans doute, sommes-nous à la recherche d’un point ou deux dans l’étendue de ce ciel.

Dialogue à deux voix.

 

-       Est-ce tu vois quelque chose ce matin ?

-       Je vois une feuille errante qui ressemble à un mouvement dans le ciel.

-       Que fait-elle ?

-       Elle tombe doucement, elle vient vers toi.

-       Vers nous.

 

Une ligne de fuite hors cadre.

Un martinet entre dans la page étendue de ce ciel en émoi.

Il cherche un tracé, tournoie, puis s’élance dans l’étendue du dôme. Croise-il le regard de Léonard de VINCI cherchant l’illusion d’un infini. Un espace de finitude qui serait à distance de la ligne d’horizon. Le martinet lui, suit sa course. Il virevolte, dessine le contour des nuages dans une ronde charnelle. Sans doute, sait-il où il va. Il n’a nul besoin des points cardinaux pour orienter sa trajectoire. Le voilà qu’il s’élance de nouveau. Une envolée multidirectionnelle, vu du ciel, qui semble interroger la course des hommes.

 

Les hommes.

Eux, où vont-ils à ce rythme effréné ? Ils cherchent un sens ou des sens pluriels à leur trajectoire, sans trop savoir où ils vont. Pas à pas, ils avancent dans la précipitation d’un lendemain qui accélère leur course. Une course qui les rapproche d’une finitude, la leur. Elle masque l’espoir d’avoir tracé quelque chose quelque part. Ici ou ailleurs. Entre ciel et terre.

Loin des turbulences urbaines et humaines, l’étendue du ciel nous rappelle la lenteur des choses.

Et l’oiseau aussi.

 juin 2007

 

Variation de coquelicots

 

Au soleil cramoisi, des fleurs de pavot se démultiplient à l’infini, pétales en demi-teintes. Elles détournent la ligne du temps aux heures où la lumière cherche une ligne de chute. Dépliants la page d'un jour, elles rongent l'éternité d’une saison sans ivraie.

A la dérobade, elles invitent la clé des champs à une ode printanière, couleur coquelicot. Verticale de l'éphémère.

Osez dans ce soupçon d’été, articuler l’élan des corps amoureux. Suivre les ondulations d’une brise tardive, celle qui caresse avec volupté les membres entremêlés.

 

Des hirondelles arpentent l’horizon, suspendues au voile d’un soleil sirupeux. Des ombres en rondes se dessinent et virevoltent au dessus des têtes baissées de coquelicots. Apparente nudité de silhouettes fuyant la fragilité du mouvement des pétales repliés. Sans distraire la géométrie des lignes, elles dissipent le doute des variations du jour.

Une couleur opaque s’étiole et s’initie au clair-obscur sur les courbes d’un Luberon désenchanté. Point de mire de la lune rousse.

    CPC, 2006

 

 

 

 

 

Sol y sombra,

 

Elle quitte la cour, dévale la rue dans la moiteur du matin. Elle piétine les premières foulées sur un sol qui se dérobe, les pieds cherchent désespérément un ancrage. Elle longe les façades une à une, le regard en fuite. Elle court, à l’affût d’un rythme estival, d’un souffle à l’ombre du vide. Une course qui libère les pensées en cavale, les idées sombres de la nuit. C’est toujours un moment libérateur dès ces premières heures du jour où la nature dévoile ses senteurs, ses mouvements. Elle entend danser les chênes bousculés par la brise et tente de les suivre, les sens en émoi.

 

 

Sol y sombra,

 

Pieds et bras encordés dans le balancier d’un temps en désaccord avec les foulées, il faut trouver la mécanique de l’horloge interne. Le sol crisse sous les pieds, la terre est ferme et brunie par les soleils brûlants. Sensation de chaleur de juillet sur les calades empierrées du Luberon. Elle a déjà la peau moite, perlée de gouttes de sueur salée. Des gouttes qui suintent comme la chair de l’écorce des vieux pins. Elle aime distiller l’inspir vital, arraché aux secrets de coquelicots. Les piétinements sont plus assurés, ils frappent l’herbe épaisse et sèche d’une foulée à l’autre, elle aime ce temps qui s’égrène.

 

 

Sol y sombra,

 

A l’abri des passages de la lumière, sous les chênes blancs, elle court toujours. C’est un second souffle, plus lent, plus suave, à l’écoute des battements du cœur. Sous ses yeux, les courbes du Luberon s’éloignent pour se resserrer d’un vallon à un autre. Les paysages s’étirent dans une brume légère à peine voilée. Continuer, sinuer les sentiers en grimpant les calades, accrochés au sol, en défiant le regard fier du Mont Ventoux au loin, au nord de la vallée. Cet espace entre Bonnieux et Lacoste nourrit l’ivresse de l’impossible limite de soi, celle que l’on recherche toujours à l’épreuve du souffle.

 

CPC, 7 Juillet 2003

 

Lavandou, 2007, CPC
Lavandou, 2007, CPC

Oser s’écrier

 

D’un alphabet distrait,

Composer le rythme, la durée, le corps du texte

Noircir des pages d’un carnet, sans trahir le verbe.

Vide de soi,

Diaphragme diurne

Des ombres béantes de la forêt des temps

D’une saison sans pardon, sans un mot.

Rencontres au détour des histoires sans lendemain,

Des instantanés d’un chapitre clos.

 

 

Des traces sans nom inscrites au passé,

De chemins croisés, de chemins séparés

Racontent l’errance et la magie

En disant non aux fantômes des jours anciens.

La soie déchirée du voile de la nuit

Est-ce une singerie de l’oubli, d’un esprit en fugue ?

Chavirer dans l’ombre de la lumière

De ce ciel blanc pétale de rose livré aux martinets,

Retrouver le silence d’une chambre à soi.

 

CPC, 7 Juillet 2003

 

 



 

Une nuit Evora, un jour Lorca,

Aujourd'hui Sarah....

 

 

Dès l'aube,

sous le silence brûlant d'été

tes mains tendues

ont tissé un lien.

Sans un murmure,

la tiédeur du jour régnait ;

elle dénotait la prélude

d’une rencontre,

derrière les coulisses de la vie.

 

L'azur des cieux,

dénudait ton visage, tes membres

au diapason féminin.

Sans renoncer à la volupté,

tes larges prunelles

balbutiaient un chant complice

à ton père, ta mère.

 

Ton espace,

est une île

un nid de caresses

où ton souffle léger vibre

au son

des pulsations du jour.

 

 CPC, 1994

 

 

Véronique ADEL, Photographe - Lacoste

 

Véronique ADEL, St Syphorien
Véronique ADEL, St Syphorien

 

L’antre du Luberon

 

Au pied du campanile de Saint Symphorien, écrasé par les lignes géométriques de cet ancien prieuré, je m'arrête, sans mouvoir mes membres. Je courbe la nuque et respire posément en signe de reconnaissance. La magie de la pierre, d’un asile en retrait des mondes, ranime le reflux dans mes veines. Silence de la combe masquée.

 

Du jeu des ombres, à cette heure du jour, le lieu est déserté de ses passants. Des portes closes, un jardin muet. Lumière jaune de septembre.

Le campanile ne résonne plus de son écho ; il n'est plus que cette masse imposante de pierres laminées. Noble apparence.

Il n'est plus un refuge d'anachorètes. Regret amer devant sa silhouette longiligne.

Les chapiteaux ornés de feuilles d'acanthe reflètent une lumière incertaine sur les parois de la chapelle. Une lueur diffuse se déploie, au rythme d'une saison insoumise.

 

Brusquement, une ondée passagère ose troubler la quiétude du lieu. Les nuages ont couvert le prieuré de ténèbres, et laissent glisser une pluie légère qui frappe la terre craquelée. Le ciel s'abat dans le vallon, râle, détonne, puis s'éloigne sur la route des Alpes.

 

La pluie a cessé, une fois la lumière retrouvée, elle est déjà oubliée. Je n'ai pas bougé, la pluie a recouvert ma peau d'une fraîcheur tropicale.

Posée, devant la ligne de l'horizon, je déserte à mon tour le prieuré, j'emprunte un sentier qui m'écarte de ses antres.

Quelques minutes à peine, et le voilà enserré dans les chênes et les buis, presque absent.

La terre, l'aurait-elle ensevelie ? 

 CPC, 1993