LUMIERES DE CENDRES

Visages d'Amérique Latine

"Lumières de cendres" a fait l'objet d'une exposition à la Galerie de REILLANNE (04), auprès de galeristes varois Serge et Martine MALKA, en juillet/août 1994.


 

Photographies de David PAQUIN

Photographe Réalisateur

http://www.davidpaquinkfilms.com/contact/

Galerie Photo -Amérique Latine

 

Textes poétiques de Corinne PAQUIN

Formatrice Atelier d’écriture

 

 

 

 Automne 1992 - hiver 1993

 

 

ATMOSPHERES

 

 

L'ombre à son déclin

     Dénude la peau du jour,

Où les affres de la solitude

Ont une autre résonance

Celle,

   D’un vague souvenir d'affliction.

Une transparence enivrante

     S’empare de l'existence

Aux heures d'angoisses ;

             Une intensité vibrante

Distingue,

Une tête baissée d'un regard empli

De résignation.


La lumière est ombre

     Dans les rues empierrées

Où le temps s'est arrêté ;

Le mouvement, démasque un monde

     En gestation,

L’arrière-plan d'une chronique

Sans artifices.

Les heures rongent les cendres du jour

       Dans les rues qui se déplient

Où se dissipe

Le poison de la peur

     Sur l'autre rive du temps.

 

L'espace est de verre

     Il est une atmosphère ressentie

Un sentiment de lassitude,

Sous un ciel de pierre

   Où le damier des avenues

Exalte,

Le mariage des contraires.

 

 

 

 

 

PETITS COLPORTEURS..... 

 

Scènes décousues ou fragments

De graines de vérité ;

Images d'une autre identité,

L’enfance,

Le cri désabusé défiant le destin.

 

Il est,

L’ombre d'un sourire,

Une bouche scellée,

Un mur de silences occultes.

Des yeux noirs murmurent,

Un appel indistinct

De confidences à mi-voix,

De mots inhibés.

Un rire, peut-être une larme,

Un regard perdu, consumé.

 


Derrière une complainte muette

Il projette,

Une émotion, une tentative de dialogue.

Un cri de guerre contre le sort.

L'alphabet du destin l'a précipité

Dans les rues,

Sur les routes poussiéreuses ;

Où il est, ils sont

Les colporteurs des petites sucreries

Arpentant murs et trottoirs des villes.

 

Au secret du sortilège,

Une voix désaccordée

Renoue fraternité et espoir

Au demi-jour d'un horizon figé

     D’un monde dépouillé de son enveloppe.

 

 

 

 

 

PAYSAGES EPARS 

 

L'éternelle brièveté du temps

Sombre sur ces terres solitaires

Mouillées des pleurs du ciel.

Le temps ne renonce pas

À la nostalgie pénétrante

De ces tapisseries émeraude.

 

Une rumeur confuse,

Se heurte au silence

De ses étendues lointaines

Où les nuages fuient

Exhalant une note.

     Apre relent,

D’un flot illusoire

Où le doute s'éternise.

 



Une clarté de deuil

Vacille,

Sur ces méandres voilés

Où proteste

Le secret de la vie perpétuelle.

Tumulte intérieur,

Où la vérité

Diffuse une lumière

En éclats composites ;

Sur des feuillages, des roseaux

Aux nuances profondes.

 

Les couleurs s'exaspèrent

Sur ces silhouettes courbées,

         Désarticulées,

Epiant les longs soupirs

Des mortels à la voix rauque.

 

 

 



 

TRANSITS PERPETUELS 

 

Chambre de verre,

Devant la nudité des murs,

Dans les rues de terre battue

Où aux aguets des stations charnières,

L’attente dénonce

     Le balbutiement,

D’une intimité frauduleuse.

 

 

Une ombre semblait s'étendre,

         Au rythme effréné

De la frénésie,

Des mélodies, de secrètes nostalgies

Interprétées

Au diapason d'un souffle intérieur.

Réalité intemporelle,

Où chaque passager

Plongé au coeur même de la vie

Se fraie,

Un passage sans contraintes.


Ecrasement,

D’un élan brisé, hésitations désespérées

Qui s'éternisent

         Sur des visages au teint hâlé ;

Où se cristallise,

Le chant de la vanité blessée.

La vie entre en conflit

Au fond de l'abîme

Où se lit,

     Le tracé d'une encre invisible

Sur les parois de la pensée ;

Cheminement, presque funèbre

D’un passé,

Lourd de sens cachés.

 

 

 

 

 

MARCHES DU QUOTIDIEN

 

Aux frontières du désarroi

S’ordonne et se désordonne un monde

           De fictions quotidiennes.

Aux heures pulvérisées du jour,

La trame du décor s'articule

Devant des murs familiers,

     Dans des rues

Pavées ou de terre déteinte

Foisonnent des étalages,

Aux couleurs fondues

                   Des miettes de vie.

 



En un instant fugitif

Des mains se frôlent, s'étreignent

Des visages se font, se défont

Face à l'infinie patience des choses

Qui s'empare librement

         De l'âme, sensation intime.

Paysage intérieur,

D’un rêve entrouvert

           Déchirant la ligne des prunelles.


L'aveuglante clarté embrase

       Un visage, deux visages dormants

Aux yeux creux,

Baignés dans une fourmilière

De bruits familiers.

Une odeur tiède d'incertitude

Enveloppe une poignée,

             Au creuset du chaos

De l'humaine déroute

Se dérobant

Derrière l'épaisseur du temps.